Le procès des membres présumés de la DZ Mafia se poursuit au tribunal d’Aix-en-Provence, où l’accusé Amine Oualane a fermement nié toute implication dans un double meurtre survenu en août 2019. Ce procès chaotique, marqué par des tensions et des incidents de procédure, a mis en lumière la complexité des affaires de narcotrafic à Marseille.
EN BREF
- Amine Oualane conteste son implication dans un double meurtre lié à la DZ Mafia.
- Le procès, entaché d’incidents, pourrait s’achever ce week-end ou la semaine suivante.
- Les accusés nient toute responsabilité dans le cadre d’une guerre entre narcotrafiquants.
Amine Oualane, 31 ans et Marseillais de surcroît, est considéré par la police comme l’un des fondateurs présumés de la DZ Mafia, une bande criminelle qui domine le narcotrafic dans la cité phocéenne. Il est jugé pour association de malfaiteurs en récidive, un délit qui pourrait lui valoir jusqu’à vingt ans de prison. L’accusation l’accuse d’avoir orchestré, depuis sa cellule, la livraison de Farid Tir à des tueurs.
Lors de son audition, Oualane a déclaré : « J’ai rien à voir de près, ni de loin, ni de très loin ni de très très loin ». Ces mots illustrent sa détermination à se défendre contre des accusations qu’il juge infondées. Il a également exprimé son rejet des écoutes téléphoniques présentées par la présidente du tribunal, qui établiraient un lien entre lui et un autre accusé, Karim Harrat, suspecté d’être le commanditaire de l’assassinat.
Dans un échange tendu, Oualane a rétorqué : « Le Rent, c’est l’agence de location », en référence à des propos qui le désigneraient comme impliqué dans l’affaire. Il a également évoqué une autre affaire, celle d’un triple meurtre, dans laquelle il est impliqué et qui sera jugée en octobre prochain. Pour soutenir son innocence, il a affirmé que le juge d’instruction n’avait pas réussi à identifier son téléphone crypté, qui aurait été crucial pour établir un lien avec les crimes.
Les tensions au tribunal ont été palpables, avec des échanges vifs entre Oualane et son propre avocat. Ce dernier, Me Inès Médioune, a exprimé son exaspération face aux questions des avocates générales, soulignant le manque d’éléments à charge contre son client. « Vous n’avez pas d’éléments à charge », a-t-elle insisté, reflétant l’atmosphère houleuse qui a prévalu lors des audiences.
Le procès, qui a débuté il y a trois semaines, a été émaillé d’incidents de procédure, entraînant des prolongations inattendues. Initialement prévu pour se terminer ce week-end, le verdict pourrait être rendu dimanche ou la semaine suivante. Les débats, bien qu’animés, ont retrouvé un certain calme, permettant aux jurés de se concentrer sur les faits présentés.
En parallèle, Oualane a contesté des accusations portées par l’influenceuse Maeva Ghennam, qui l’a accusé d’être « parti tuer » Farid Tir. Il a rétorqué qu’il était en prison au moment des faits et que les déclarations de Ghennam étaient influencées par l’alcool. Sa défense s’articule autour de la contestation de chaque élément présenté, dans un contexte où les preuves semblent souvent indirectes.
La guerre entre narcotrafiquants à Marseille continue de faire des vagues, et ce procès met en lumière les ramifications complexes de ce milieu criminel. Les accusés, dotés d’un lourd passé judiciaire, maintiennent leur position d’innocence, tandis que la cour tente de démêler les fils de cette affaire troublante.
À mesure que le procès avance, l’attention se porte sur les implications de ce jugement, tant pour les accusés que pour la lutte contre le narcotrafic en France. Le verdict, attendu avec impatience, pourrait avoir des répercussions significatives sur la perception publique de la criminalité organisée dans le pays.