Plus de 500 arrestations lors d’une manifestation pour Palestine Action à Londres

Le 11 avril 2026, un rassemblement à Londres en soutien au groupe Palestine Action a conduit à l’arrestation de plus de 500 manifestants. La police a confirmé qu’un total de 523 personnes ont été interpellées, avec des participants allant de 18 à 87 ans. Cette mobilisation visait à dénoncer l’interdiction du groupe, qualifiée d’illégitime par les manifestants.

EN BREF

  • 523 manifestants arrêtés à Londres lors d’un rassemblement pour Palestine Action.
  • Des personnalités, dont le chanteur Robert Del Naja, ont participé à la manifestation.
  • Palestine Action conteste son interdiction, jugée « disproportionnée » par un tribunal.

Cette manifestation, qui s’est tenue à Trafalgar Square, a été marquée par un sit-in pacifique où de nombreux participants brandissaient des pancartes avec des messages tels que « Je m’oppose au génocide, je soutiens Palestine Action ». Parmi les personnes arrêtées figurait Robert Del Naja, membre du groupe musical britannique Massive Attack, qui a été vu portant une pancarte de soutien avant d’être emmené par les forces de l’ordre.

Le groupe Palestine Action a été déclaré organisation terroriste par le gouvernement travailliste dirigé par le Premier ministre Keir Starmer en 2025. Cette décision criminalise tout acte de soutien à l’organisation, y compris la participation à des manifestations. En réaction, Palestine Action a engagé une bataille judiciaire pour contester cette interdiction.

Un jugement rendu en février 2026 avait qualifié cette mesure de « disproportionnée », mais le gouvernement a interjeté appel, maintenant ainsi l’interdiction en vigueur dans l’attente de la décision de la cour. Cette situation suscite de vives réactions de la part d’organisations comme Amnesty International, qui critiquent les arrestations massives et qualifient ces actions de « criminalisation de la dissidence ».

La police métropolitaine avait antérieurement indiqué qu’elle ne procéderait plus à des arrestations de cette nature, mais a changé de cap lors de cette manifestation. Amnesty a constaté que des personnes de tout âge, y compris une femme âgée avec des cannes, ont été arrêtées, ce qui a soulevé des préoccupations quant à la légitimité de ces actions.

Freya, une manifestante de 28 ans et membre d’une organisation écologiste, a exprimé l’importance de se rassembler pour dénoncer ce qu’elle considère comme un génocide. « Nos valeurs ne changent pas », a-t-elle déclaré, soulignant la nécessité de continuer à faire entendre leur voix, malgré les mesures judiciaires prises par le gouvernement.

Un autre participant, Denis MacDermot, 73 ans, a partagé son expérience d’arrestation lors d’une précédente manifestation. Il a réaffirmé son engagement envers le mouvement, soulignant sa solidarité avec les autres manifestants.

Les conséquences de l’interdiction de Palestine Action sont sévères : toute expression de soutien peut entraîner des peines de prison allant jusqu’à six mois, tandis que l’appartenance au groupe ou l’organisation d’événements de soutien peut mener à des peines de 14 ans de prison. Depuis juillet 2025, plus de 2 700 personnes ont été arrêtées lors des manifestations en faveur de ce groupe, selon l’association Defend Our Juries, qui organise ces rassemblements.

La situation demeure tendue à Londres, où le débat sur la liberté d’expression et le droit de manifester continue de susciter des controverses. Les actions du gouvernement britannique sont scrutées de près, alors que le mouvement pour Palestine Action cherche à redéfinir les contours de la résistance pacifique face à l’autoritarisme.