À Manille, la situation des vendeurs de rue devient de plus en plus précaire, conséquence directe de la guerre au Moyen-Orient. Les conflits récents, notamment les frappes américano-israéliennes contre l’Iran, ont entraîné une flambée des prix du carburant. Ce contexte économique difficile affecte particulièrement les petits commerçants qui dépendent des importations de gaz de pétrole liquéfié (GPL) pour faire fonctionner leurs activités quotidiennes.
EN BREF
- Les prix du GPL ont doublé, impactant les vendeurs de street food aux Philippines.
- Les clients se détournent des cantines de rue face à la hausse des prix.
- Les données gouvernementales montrent une accélération de l’inflation alimentaire depuis mars.
Eric Garcia, un jeune vendeur de « pares », un ragoût de bœuf populaire, illustre cette réalité. À seulement 20 ans, il se lève à 3 heures du matin pour préparer ses plats. Toutefois, il a dû augmenter le prix de son ragoût de 60 à 65 pesos (0,93 euro) en raison de l’augmentation des coûts liés au GPL, qui a presque doublé depuis le début des hostilités.
Avant la guerre, une bonbonne de gaz de 11 kilos coûtait 870 pesos (12,39 euros) ; aujourd’hui, elle atteint près de 1 600 pesos (22,78 euros). Eric déplore une baisse de son revenu quotidien de 25 %, maintenant à environ 1 500 pesos. « Le reste part dans le GPL », confie-t-il, résigné face à cette nouvelle réalité économique.
Carlo Manalad, gérant d’un magasin de bonbonnes de GPL, confirme la hausse des prix : « C’est le prix le plus élevé que j’aie jamais vu depuis que j’ai commencé ». Il précise que la hausse des tarifs des fournisseurs les oblige à adapter leurs prix tout en maintenant leur marge bénéficiaire. Pour de nombreux vendeurs de rue, la situation est encore plus délicate, car l’augmentation des prix pourrait les priver de clients.
Ronilo Titom, qui gère une cantine de rue prisée par des employés de centres d’appels, témoigne des difficultés rencontrées depuis le début du conflit. « Si nous augmentons nos prix, nos clients iront acheter à d’autres stands », soupire-t-il. Malgré tout, il maintient ses prix et observe une diminution progressive de sa clientèle. Beaucoup de clients, désormais, préfèrent apporter leurs repas faits maison pour économiser.
Les impacts de la guerre ne se limitent pas à l’augmentation des coûts de production. Les données gouvernementales révèlent que le rythme de l’inflation alimentaire a presque doublé en mars par rapport au mois précédent. Cette tendance révèle une pression supplémentaire sur les budgets des ménages philippins, déjà affectés par la crise économique mondiale.
Allan Palong, un chauffeur de moto-taxi, partage son expérience. Bien qu’il comprenne la nécessité pour Eric d’augmenter ses prix, il admet que cela affecte ses propres revenus. « C’est très difficile pour nous maintenant, tous les prix ont augmenté (…) ces cinq pesos comptent beaucoup », confie-t-il, exprimant un souhait que le gouvernement réduise les taxes sur le carburant importé.
Cette crise économique, exacerbée par des événements géopolitiques, met en lumière la fragilité de l’économie locale et les défis auxquels sont confrontés les petits commerçants. La solidarité entre clients et vendeurs pourrait être cruciale pour surmonter cette période difficile, mais les perspectives restent incertaines alors que les tensions internationales se poursuivent.