Réforme fiscale 2026 : un levier méconnu pour réduire l’impôt des retraités

La loi de finances pour 2026 a suscité des inquiétudes chez de nombreux retraités, en particulier avec la suppression de la déduction des versements sur le Plan d’Épargne Retraite (PER) après 70 ans. Ce changement a été perçu comme un coup dur pour ceux qui cherchaient à alléger leur impôt sur le revenu. Toutefois, un dispositif moins connu pourrait offrir une opportunité de rattrapage fiscal : l’allongement du délai de report des plafonds PER non utilisés, qui passe de trois à cinq ans.

EN BREF

  • Le report des plafonds PER non utilisés s’étend de trois à cinq ans à partir de 2026.
  • Cette mesure permet un meilleur rattrapage fiscal pour les retraités âgés de 60 à 69 ans.
  • Les versements sur un PER après 70 ans ne seront plus déductibles à partir de 2026.

Cette nouvelle mesure constitue une réelle opportunité pour les futurs retraités, en particulier ceux qui ont entre 60 et 69 ans. En effet, ce report élargi permet d’accumuler des plafonds non utilisés durant ces années cruciales. Les versements effectués avant l’âge de 70 ans peuvent ainsi bénéficier d’une déduction maximale, offrant un levier fiscal non négligeable.

Le fonctionnement du Plan d’Épargne Retraite

Pour rappel, les versements volontaires sur un PER sont déductibles du revenu imposable dans la limite d’un plafond annuel. Pour les versements réalisés en 2026, ce plafond correspond à 10 % des revenus professionnels de l’année précédente, avec un minimum de 4 806 euros et un maximum de 38 448 euros, soit huit fois le PASS (Plafond Annuel de la Sécurité Sociale).

Jusqu’en 2025, tout reliquat de plafond non utilisé pouvait être reporté uniquement durant les trois années suivantes. À partir de 2026, les nouveaux plafonds bénéficieront d’une période de report de cinq ans. En revanche, les plafonds d’avant 2026 continueront à suivre la règle classique de trois ans.

Un exemple concret d’optimisation

Considérons le cas d’un cadre dont le salaire brut annuel s’élève à 80 000 euros. Son revenu imposable, après un abattement de 10 %, est de 72 000 euros, ce qui lui donne un plafond de déduction PER de 7 200 euros par an. Si ce cadre ne verse rien pendant cinq ans, il pourra néanmoins alimenter son PER de manière significative en 2032, en mobilisant les plafonds non utilisés des années précédentes, pour un total de 43 200 euros.

Dans cette situation, avec une tranche marginale d’imposition de 30 %, l’économie d’impôt pourrait dépasser 12 960 euros sur un seul versement. Au regard de l’ancienne règle des trois ans, qui ne permettait d’utiliser que 28 800 euros de plafond, la réforme actuelle représente une économie d’impôt substantielle de plus de 4 300 euros.

Pour les contribuables qui approchent de la retraite ou qui sont déjà retraités mais continuent à percevoir des revenus importants, cette stratégie de versement avant 70 ans peut avoir un impact significatif sur leur imposition pour 2026 et les années suivantes.

En somme, bien que la suppression de la déduction des versements après 70 ans ait pu sembler être une contrainte, cette nouvelle possibilité de report offre un véritable champ d’action pour optimiser sa fiscalité. Les retraités et futurs retraités doivent donc se familiariser avec ces changements afin de tirer le meilleur parti de leur situation financière.