Le procès des membres présumés de la DZ Mafia a pris fin ce mardi dans la cour spéciale d’assises des Bouches-du-Rhône. Gabriel Ory, considéré comme l’un des chefs de cette organisation de trafic de drogue, a été condamné à 25 ans de réclusion pour son implication dans un double assassinat survenu en 2019. En revanche, son coaccusé Amine Oualane a été acquitté.
EN BREF
- Gabriel Ory condamné à 25 ans de réclusion pour un double assassinat en 2019.
- Amine Oualane acquitté, malgré une demande de 18 ans de prison contre lui.
- Les peines prononcées sont inférieures aux réquisitions du ministère public.
Les faits jugés remontent au 30 août 2019, lorsqu’une femme de ménage a découvert les corps de deux hommes dans une chambre d’hôtel Formule 1 près de Marseille. Les victimes, Farid Tir et Mohamed Benjaghlouli, ont été abattues, avec des éléments indiquant un possible règlement de comptes lié au trafic de drogue.
Les commanditaires des meurtres, Karim Harrat et Walid Bara, ont également été condamnés à 25 ans de réclusion, tandis que Zaineddine Ahamada, le tireur, et son complice Adrien Faure ont reçu des peines respectives de 25 et 15 ans de prison. Ces décisions ont été prises malgré les réquisitions du ministère public, qui avait demandé des peines de réclusion à perpétuité pour certains des accusés.
Les condamnés ont accueilli le verdict avec calme, tandis qu’Amine Oualane, acquitté, a esquissé un sourire à l’énoncé de la décision. Son avocate, Me Inès Médioune, a qualifié ce jugement de « victoire de la justice ». En revanche, la défense de Gabriel Ory a dénoncé ce qu’elle considère comme un « verdict politique », arguant que la pression médiatique avait influencé le tribunal.
La particularité de cette affaire réside dans la mise en lumière des donneurs d’ordre dans le trafic de drogue, souvent absents des procès. L’enquête a été facilitée par l’exploitation d’une messagerie cryptée, permettant de dévoiler la « mécanique criminelle » derrière ce règlement de comptes.
Ce procès met en exergue les défis auxquels font face les autorités judiciaires dans la lutte contre le narcotrafic, ainsi que la complexité des réseaux criminels. Alors que les peines prononcées restent inférieures aux attentes du ministère public, elles soulignent l’importance de poursuivre les investigations pour démanteler les structures qui sous-tendent ces actes violents.
Cette affaire interpelle également sur la question de la justice face à des organisations criminelles de plus en plus sophistiquées, où les figures de proue restent souvent dans l’ombre. Les répercussions de ce verdict pourraient influencer les futures enquêtes et procès liés au trafic de drogue dans la région.