Accès aux soins de santé mentale : la FHF dénonce l’urgence de la situation pour les jeunes

La question de l’accès aux soins de santé mentale devient de plus en plus préoccupante, en particulier pour les jeunes adultes en France. La Fédération hospitalière de France (FHF) a récemment tiré la sonnette d’alarme, notant des difficultés d’accès aux soins « massives » pour les 18-24 ans. Ce constat alarmant survient alors que la santé mentale est officiellement reconnue comme une « grande cause nationale ».

EN BREF

  • 64% des jeunes de 18-24 ans confrontés à des délais d’attente excessifs.
  • Augmentation inquiétante des hospitalisations pour tentative de suicide.
  • Appel à des mesures concrètes et financées pour améliorer la situation.

Un récent sondage réalisé par Ipsos pour la FHF, impliquant un échantillon représentatif de 2 500 personnes, a révélé que 64% des jeunes âgés de 18 à 24 ans déclarent avoir rencontré des « délais d’attente trop longs » pour obtenir un rendez-vous chez un psychiatre. De plus, 52% d’entre eux affirment qu’il leur a été « impossible » de décrocher un rendez-vous, et environ 38% ont subi des ruptures de stock concernant des médicaments psychotropes.

Ces chiffres témoignent d’une crise persistante dans le domaine de la santé mentale. En effet, 49% des jeunes souffrant de problèmes psychiques déplorent des interruptions de soins, les laissant sans suivi médical pendant des périodes prolongées. À l’échelle nationale, 45% des Français ayant ressenti le besoin de soins ont également signalé des délais d’attente trop longs, tandis que 38% n’ont pas pu obtenir de rendez-vous.

Malgré une légère amélioration par rapport à l’année précédente, la FHF souligne que les difficultés d’accès aux soins psychiatriques demeurent préoccupantes. La demande pour ces soins ne cesse d’augmenter, rendant la situation encore plus urgente.

La FHF met également en avant l’augmentation alarmante des hospitalisations pour tentative de suicide, qui a crû de 16,6% entre 2019 et 2024 au niveau national. Ce chiffre monte à 25,4% chez les femmes. Des statistiques particulièrement inquiétantes sont observées chez les adolescentes et les jeunes femmes, avec une augmentation de 76% des hospitalisations pour les 20-24 ans et de 118% pour les 10-14 ans.

Face à cette situation critique, la FHF appelle à des engagements concrets pour la santé mentale. Elle réclame la création d’une délégation interministérielle dédiée à la santé mentale et à la psychiatrie, dotée d’un plan pluriannuel afin de soutenir les centres médico-psychologiques et de lutter contre la crise des vocations en psychiatrie, notamment en pédopsychiatrie.

Parmi les autres propositions, la FHF suggère le développement d’unités et d’équipes pluridisciplinaires pour les jeunes de 16 à 25 ans, ainsi que la multiplication des maisons des adolescents. À ce sujet, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a récemment affirmé devant l’Assemblée nationale que ces maisons seront « renforcées ». Elle a également promis la nomination prochaine d’un délégué interministériel à la santé mentale.

Il est essentiel que ces préoccupations se traduisent par des actions concrètes et financées pour améliorer l’accès aux soins de santé mentale, en particulier pour les jeunes, qui sont de plus en plus touchés par des problèmes psychiques.