Trois ans de conflit au Soudan : une conférence internationale pour relancer l’espoir à Berlin

Depuis trois ans, le Soudan est le théâtre d’une guerre meurtrière entre l’armée et les paramilitaires, plongeant la grande majorité de sa population dans la pauvreté. À l’occasion de l’anniversaire du conflit, une conférence internationale se tient à Berlin ce mercredi, réunissant des donateurs pour discuter de la situation humanitaire désastreuse et des perspectives d’un retour à la paix.

EN BREF

  • Trois ans de guerre au Soudan ont causé un déplacement massif de population et une crise alimentaire aiguë.
  • Une conférence internationale à Berlin vise à relancer les efforts de paix et à lever des fonds.
  • La situation humanitaire est alarmante avec une famine déclarée dans certaines régions.

La guerre, qui oppose l’armée soudanaise aux Forces de soutien rapide (FSR), a eu des conséquences dévastatrices. Plus de 11 millions de personnes sont désormais déplacées, et 50 millions d’habitants vivent une insécurité alimentaire croissante. Le chancelier allemand, Friedrich Merz, a souligné que cette crise, bien que significative, demeure souvent ignorée par la communauté internationale.

La conférence de Berlin, qui exclut les belligérants, réunit des gouvernements, des agences humanitaires ainsi que des organisations de la société civile. Les discussions porteront notamment sur la manière d’influencer les acteurs clés du conflit. Le représentant du Programme des Nations unies pour le développement au Soudan, Luca Renda, a mis en lumière l’importance de la coopération internationale pour sortir de cette impasse.

Dans la capitale, Khartoum, un calme précaire s’est rétabli, permettant le début de la reconstruction de certaines infrastructures. Les marchés ont rouvert et les écoles ont recommencé à fonctionner, bien que les défis demeurent nombreux. Al-Bachir Babker al-Bachir, un résident qui a fait son retour, a exprimé sa tristesse face aux destructions qu’il a constatées dans sa ville natale.

Toutefois, les violences continuent d’endeuiller le pays. Selon l’ONU, près de 700 civils ont été tués dans des frappes de drones depuis janvier 2026, et les deux camps intensifient leurs offensives, particulièrement dans les États du Kordofan-Sud et du Nil Bleu. La situation sur le terrain reste ainsi extrêmement volatile.

Les efforts diplomatiques, notamment ceux menés par le « Quad » composé des États-Unis, d’Arabie Saoudite, des Émirats Arabes Unis et d’Égypte, n’ont pas encore porté leurs fruits. Les rivalités entre les factions, soutenues par des puissances étrangères, compliquent encore davantage le retour à la paix. Le chef de l’armée, Abdel Fattah al-Burhane, a récemment remis en question la participation des Émirats, illustrant ainsi les tensions persistantes.

La famine a été déclarée dans plusieurs régions, dont les capitales du Nord-Darfour et du Kordofan-Sud. L’appel à la solidarité lancé par l’ONU pour 2026 n’est pour l’heure financé qu’à hauteur de 16%, accentuant les risques d’aggravation de la crise humanitaire.

À Berlin, le président de la Commission de l’Union africaine, Mahamoud Ali Youssouf, a salué le rassemblement des donateurs, tout en admettant que la cessation des hostilités semble encore lointaine. L’attention internationale, souvent focalisée sur d’autres crises, pourrait bien être déterminante pour l’avenir du Soudan, mais l’engagement des acteurs concernés reste crucial pour éviter que cette guerre ne s’enlise davantage.

En somme, bien que des signes d’espoir émergent à travers cette conférence, le chemin vers la paix est semé d’embûches, et la communauté internationale a un rôle essentiel à jouer pour soutenir le peuple soudanais dans cette période tumultueuse.