Une mère enceinte raconte son appel désespéré au Samu et la perte de son bébé

Marie Dejean, une mère de famille enceinte, a récemment vécu une expérience tragique après avoir contacté le Samu en raison de douleurs abdominales insupportables. En mars dernier, alors qu’elle était persuadée de faire une interruption involontaire de grossesse, elle a tenté d’obtenir de l’aide pour se rendre à l’hôpital. Cependant, la réponse qu’elle a reçue a été déconcertante.

EN BREF

  • Marie Dejean a contacté le Samu pour des douleurs pendant sa grossesse.
  • Elle n’a pas reçu l’aide souhaitée et a perdu son bébé après une hémorragie.
  • Un examen approfondi est en cours par le CHU de Montpellier concernant cette situation.

Originaire de Frontignan, dans l’Hérault, Marie Dejean a composé le numéro du Samu, espérant être conduite d’urgence à l’hôpital le plus proche. À sa grande surprise, l’agent au bout du fil lui a fait savoir qu’aucune ambulance n’était disponible pour la transporter, la laissant désespérée et sans secours. « Il m’a dit qu’il ne pouvait rien faire pour moi, qu’il n’avait personne pour aller à Sète à cette heure », a-t-elle confié à France 3 Occitanie.

Face à la douleur insoutenable, Marie Dejean a finalement décidé de solliciter l’aide de ses parents, qui l’ont conduite aux urgences de Sète. Malheureusement, l’état de la femme enceinte s’est rapidement détérioré. « Après cela, je n’ai que des flashs, avant d’être amenée au bloc opératoire », raconte-t-elle. Elle a subi une hémorragie massive, perdant près de 2,5 litres de sang, et s’est réveillée en réanimation, sans son enfant à naître.

“Aujourd’hui, je me sens au plus bas, je n’arrive plus à m’alimenter, je suis anémiée”, déclare-t-elle, encore sous le choc de cette tragédie. Près d’un mois après la fausse couche, Marie Dejean reste traumatisée par la manière dont le Samu a répondu à ses appels à l’aide. « J’aurais pu être prise en charge plus vite, j’aurais peut-être perdu moins de sang », se plaint-elle, soulignant l’impact dévastateur de cette expérience.

Le CHU de Montpellier, dont dépend le Samu, a reconnu la gravité de la situation, bien qu’il n’ait pas pu fournir de commentaires en raison du secret médical. Cependant, un porte-parole a indiqué qu’une “analyse approfondie est en cours avec les équipes concernées”. Ils ont également adressé une lettre à Marie Dejean, exprimant leurs regrets pour l’expérience insatisfaisante qu’elle a vécue et promettant des explications.

Envisageant de porter plainte pour “non-assistance à personne en danger”, Marie Dejean s’interroge sur la réponse du Samu. “Cette phrase du Samu trotte dans ma tête, je ne comprends pas qu’il ait osé me dire ça”, se remémore-t-elle, encore marquée par la perte de son enfant.

Ce tragique incident soulève des questions sur la réactivité des services d’urgence et met en lumière les conséquences potentielles d’un manque d’assistance lors de situations critiques. La douleur de Marie Dejean ne se limite pas seulement à la perte de son enfant, mais à un sentiment d’abandon face à une détresse vitale.