Le 29 mars dernier, Marie, 34 ans, enceinte et mère de deux enfants, a vécu une expérience dramatique à Frontignan, dans l’Hérault. Alors qu’elle souffrait de douleurs insoutenables dans le bas-ventre, elle a contacté le Samu, espérant une assistance rapide. Malheureusement, le médecin régulateur a refusé d’envoyer une ambulance, arguant qu’« il n’y a personne qui va à Sète ». Ce refus a déclenché une série d’événements qui ont presque coûté la vie à Marie.
EN BREF
- Marie, enceinte, a appelé le Samu en urgence, mais n’a pas reçu d’aide.
- Sa mère est finalement venue la chercher et l’a conduite à l’hôpital.
- Elle a subi une opération d’urgence après avoir perdu 2,5 litres de sang.
Ce jour-là, alors que Marie se trouvait dans un état critique, son fils a insisté pour qu’elle rappelle le Samu. Éprouvée par la douleur, elle a tenté d’expliquer sa situation, mentionnant qu’elle était sous suivi médical à cause d’un risque de grossesse extra-utérine. Malgré cela, le médecin régulateur s’est montré « très froid » et a maintenu son refus d’envoyer une ambulance.
Après une attente insupportable, c’est finalement sa mère qui a pris les choses en main. Elle est arrivée environ une trentaine de minutes plus tard et a transporté Marie à l’hôpital. À son arrivée, les médecins ont constaté une tension extrêmement basse de 8, et Marie a rapidement perdu connaissance. Les examens ont révélé une rupture de la trompe, une complication potentiellement mortelle nécessitant une intervention chirurgicale immédiate.
Marie a perdu 2,5 litres de sang, soit la moitié de son volume sanguin. Elle a dû être transfusée cinq fois pour être stabilisée. Plus de quinze jours après l’opération, elle n’a toujours pas retrouvé son état de santé habituel. Son témoignage soulève des questions inquiétantes sur l’efficacité des services d’urgence en France, où les ressources sont souvent saturées.
La douleur physique n’est pas la seule épreuve que Marie doit affronter. Le traumatisme émotionnel de la perte de sa trompe et le sentiment d’abandon qu’elle ressent face à la réponse du Samu la hantent. « C’est dur de se dire qu’on a perdu une partie de son corps. J’ai failli mourir… », confie-t-elle. À seulement 34 ans, cette amputation réduit également ses chances de concevoir naturellement à l’avenir.
Marie tient à souligner la qualité des soins qu’elle a reçus à la maternité de Sète, en revanche, elle condamne fermement la régulation du Samu. Elle est convaincue que si les secours étaient intervenus plus tôt, les conséquences auraient été moins graves. Ce constat résonne avec d’autres témoignages de femmes enceintes ayant rencontré des situations similaires, mettant en lumière des dysfonctionnements dans le système de santé.
Le CHU de Montpellier, responsable du Samu de l’Hérault, a reconnu qu’une enquête interne était en cours pour examiner le traitement de l’appel de Marie. Contacté par France 3, l’établissement a évoqué le respect du secret médical, une réponse qui laisse de nombreuses questions sans réponse. La transparence sur les décisions de régulation est essentielle pour rassurer le public sur la prise en charge des urgences.
En attendant, Marie se concentre sur sa récupération, entourée de ses enfants et de sa famille. Son histoire, bien que personnelle, soulève des inquiétudes collectives sur l’état des services d’urgence en France. « J’étais en train de crever dans ma salle de bains, il me fallait du secours », conclut-elle, un cri du cœur qui interpelle sur la nécessité d’améliorer l’accès aux soins d’urgence.