Ménopause : étude révèle lien entre cortisol dans les cheveux et santé mentale

Lors de la période de ménopause, la santé mentale des femmes est un enjeu crucial, et une nouvelle étude de l’Université du Colorado met en lumière des indicateurs inattendus. Les cheveux et la salive pourraient servir de marqueurs pour prédire la dépression et le déclin cognitif. Ces résultats ont été présentés lors du récent Congrès 2023 de la Menopause Society, qui s’est tenu à Philadelphie.

EN BREF

  • Les niveaux de cortisol dans les cheveux et la salive sont liés à la santé mentale.
  • Une étude sur 43 femmes en périménopause montre des corrélations significatives.
  • Ces résultats pourraient aider à identifier les risques de dépression et de déclin cognitif.

Une étude novatrice sur le stress et la santé mentale

Le stress, un mécanisme physiologique d’adaptation face à des situations perçues comme menaçantes, a des répercussions notables sur le corps. La libération d’hormones du stress telles que l’adrénaline et le cortisol affecte divers systèmes de l’organisme. Bien que les effets du stress soient bien documentés, la corrélation entre le cortisol dans les cheveux et la santé mentale est une innovation dans la recherche.

Des travaux précédents avaient déjà établi un lien entre le stress et des troubles de santé variés, tels que des maux de tête ou des douleurs musculaires. Cependant, l’analyse de la salive et des cheveux comme indicateurs de santé mentale est relativement récente. L’étude de l’Université du Colorado souhaite explorer cette zone encore peu étudiée.

Les résultats de l’étude

Pour mener à bien leur recherche, les scientifiques ont recruté un panel de 43 femmes, toutes en bonne santé, se situant en périménopause tardive ou en postménopause précoce. Ils ont mesuré le niveau de cortisol dans les cheveux et la salive, puis ont évalué les performances cognitives et les symptômes dépressifs des participantes à l’aide de tests variés.

Les résultats sont frappants : un taux de cortisol plus élevé dans les cheveux était associé à de moins bonnes performances cognitives, notamment en matière d’attention et de mémoire de travail. Parallèlement, un taux plus élevé de cortisol salivaire était corrélé à des symptômes dépressifs plus sévères.

Ces conclusions suggèrent que le cortisol capillaire pourrait être un indicateur à long terme de la santé cognitive, tandis que le cortisol salivaire reflète des états émotionnels plus immédiats. Le Dr Christina Metcalf, auteur principal de l’étude, souligne l’importance de cette recherche en tant que première preuve reliant l’activation de l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien à des performances cognitives affaiblies pendant cette phase de la vie.

Perspectives d’avenir

Le Dr Stephanie Faubion, directrice médicale de la Menopause Society, considère que cette étude pourrait avoir des implications importantes pour le diagnostic et le traitement des femmes en périménopause. L’identification précoce des femmes à risque, grâce à l’évaluation des niveaux de cortisol, pourrait permettre des interventions ciblées pour améliorer leur santé mentale.

Ce travail ouvre ainsi de nouvelles pistes de recherche sur la manière dont le stress affecte la santé mentale et physique des femmes pendant la ménopause. Les chercheurs envisagent de poursuivre leurs investigations pour mieux comprendre comment la réduction des niveaux de cortisol pourrait améliorer les fonctions cognitives, notamment en matière d’attention et de mémoire.

En définitive, ces résultats témoignent de l’importance d’un suivi médical attentif et d’une sensibilisation accrue aux enjeux de la santé mentale des femmes à cette étape cruciale de leur vie.