En Californie, une affaire d’escroquerie à l’assurance a pris une tournure inattendue, mêlant humour et absurdité. Trois complices ont réussi à soutirer plus de 120 000 euros en se déguisant en ours pour justifier les dégâts sur des voitures de luxe. Leur stratagème a été découvert grâce à une vidéo révélatrice, qui a mis un terme à leur fraude rocambolesque.
EN BREF
- Trois Californiens ont escroqué plus de 120 000 euros en se déguisant en ours.
- Les complices ont filmé des faux incidents pour soutirer de l’argent aux assureurs.
- Le stratagème a été découvert grâce à une analyse minutieuse des vidéos de surveillance.
Tout commence en 2024, lorsqu’un groupe de Californiens contacte sa compagnie d’assurances avec une histoire pour le moins incroyable. Ils prétendent qu’un ours s’est introduit dans leur Rolls-Royce Ghost, un véhicule de luxe évalué à environ 245 000 dollars, et a endommagé les sièges en cuir ainsi qu’un panneau de porte. Pour appuyer leur demande, ils fournissent une vidéo de surveillance censée prouver leurs dires.
La compagnie d’assurances, convaincue par le récit, verse rapidement l’indemnisation. Forts de ce premier succès, les escrocs réitèrent le même scénario avec deux autres véhicules haut de gamme : une Mercedes G63 AMG et une Mercedes E350. Chaque fois, ils utilisent des vidéos identiques, enregistrées le même jour et au même endroit, pour soutirer encore plus d’argent.
Au total, ils réussissent à obtenir 141 839 dollars, soit environ 120 000 euros, avant qu’un détail ne vienne faire dérailler leur plan. Lors de la troisième réclamation, un expert en sinistre, scrutant la vidéo image par image, remarque que la silhouette dans le déguisement d’ours ne ressemble en rien à un véritable animal. En effet, ses mouvements sont trop humains et peu naturels.
Intrigué, l’expert contacte un biologiste du Département californien de la pêche et de la faune. Après avoir visionné les séquences, le verdict tombe : il ne s’agit pas d’un ours, mais d’un individu déguisé. Ce constat pousse les enquêteurs du Département des assurances à ouvrir une enquête formelle, comme l’a rapporté le Los Angeles Times.
Ce type de fraude n’est pas sans précédent, mais le niveau de mise en scène ici est particulièrement audacieux. Le capitaine Éric Hood, responsable de l’enquête, a déclaré : « C’est vraiment hors du commun. Je ne pense pas que nous ayons déjà vu une affaire d’une telle ampleur avec un costume d’ours. » En novembre 2024, les enquêteurs obtiennent un mandat de perquisition et se rendent au domicile des suspects. Ils y découvrent un costume d’ours complet, ainsi que des broyeurs de viande utilisés pour simuler des griffures sur les sièges des voitures.
Ces ustensiles de cuisine avaient été soigneusement utilisés pour laisser des marques ressemblant à des coups de griffes d’un ours. Pourtant, la qualité du déguisement était si médiocre qu’un biologiste a pu le déceler en quelques secondes. Cette affaire rappelle d’autres arnaques à l’assurance, où la vidéo censée prouver l’incident devient souvent la pièce à conviction qui fait tomber les fraudeurs.
Les trois complices, Alfiya Zuckerman, 39 ans, Ruben Tamrazian, 26 ans, et Vahe Muradkhanyan, 32 ans, ont plaidé coupables de plusieurs chefs d’accusation. Ils ont été condamnés chacun à 180 jours de prison et à une période de probation. Un quatrième complice, Ararat Chirkinian, n’a pas encore été jugé. La somme totale qu’ils devront rembourser aux compagnies d’assurances s’élève à 141 839 dollars.
Cette affaire, bien que source de rires, souligne une réalité inquiétante : la fraude à l’assurance automobile est en constante augmentation, tant aux États-Unis qu’en Europe. En France, des stratagèmes tels que le « crash for cash » — où des individus provoquent délibérément des accidents pour toucher des indemnités — se multiplient. Les fraudeurs comptent souvent sur la surcharge de travail des assureurs pour faire passer leur demande inaperçue.
Il est clair que, même si l’escroquerie a été conçue avec une certaine ingéniosité, la cupidité des auteurs, qui ont déposé trois réclamations similaires en une seule journée, a contribué à leur chute. Dans le monde de la fraude à l’assurance, il est essentiel de veiller à ce que chaque détail du plan soit parfaitement exécuté, et il est évident que ce groupe a sous-estimé ce principe fondamental. En fin de compte, le déguisement en ours n’a pas été suffisant pour leur permettre de s’en tirer avec leur escroquerie.