Emmanuel Macron appelle à une journée sans écran face à l’addiction des adolescents

La question de l’addiction aux écrans chez les jeunes est plus que jamais d’actualité. La semaine dernière, lors d’une intervention devant des collégiens et lycéens, Emmanuel Macron a proposé une « journée mensuelle sans connexion ». Cette initiative vise à sensibiliser les adolescents à leur usage excessif des écrans, qui oscille entre 3h30 et 5h par jour, et parfois même davantage, entraînant des comportements inquiétants.

EN BREF

  • Emmanuel Macron propose une journée sans connexion pour lutter contre l’addiction aux écrans.
  • Les adolescents passent de 3h30 à 5h par jour devant les écrans, provoquant des comportements violents.
  • Des professionnels de l’éducation et de la santé s’inquiètent de cette tendance croissante.

Cette addiction est particulièrement marquée sur les réseaux sociaux, notamment TikTok, où de nombreux jeunes passent des heures à défiler. Les difficultés à se détacher de ces plateformes sont illustrées par le témoignage d’Issra, 14 ans, qui se considère « accro » à son smartphone. La situation se complique davantage dans les établissements scolaires, où l’utilisation des téléphones est souvent interdite. Marie Tamboura, principale d’un collège à Montreuil, observe que la confiscation des appareils entraîne parfois des réactions émotionnelles extrêmes chez les élèves.

Elle raconte : « J’ai plusieurs exemples très précis où des élèves, après la confiscation, pleurent ou se montrent agressifs. Certains refusent même de lâcher leur téléphone, affirmant qu’ils ne peuvent pas s’en passer. » Cette tension oblige les éducateurs à adopter des stratégies plus délicates lors des interventions. Marie conseille ainsi à ses collègues de privilégier le dialogue plutôt que la confrontation, afin de ne pas aggraver la situation.

Dans les cas les plus graves, elle recommande aux familles de consulter des services d’urgence psychiatrique. Des centres médico-psychologiques offrent des consultations gratuites pour aider les jeunes à faire face à cette addiction. Nicolas, un lycéen de 17 ans, illustre bien ce besoin d’accompagnement. Son addiction a débuté sur la plateforme de jeux en ligne Roblox, et sa mère, Séverine, se souvient des conflits que cela a engendrés au sein de leur foyer.

Elle explique : « Nous avions l’impression qu’il ne trouvait de joie qu’à travers ce jeu. Lorsque nous lui avons demandé d’arrêter, il s’est mis en colère, et finalement, nous le laissions jouer plus longtemps. » Ce cercle vicieux a conduit Nicolas à une souffrance significative, mais il a réussi à s’en sortir grâce à une interdiction totale de jouer sur l’ordinateur, mise en place par la psychologue Sabine Duflo.

Cette professionnelle déplore que l’addiction aux écrans ne soit pas reconnue par l’Organisation mondiale de la santé, à l’instar des dépendances à l’alcool ou aux drogues. Elle souligne : « Pourquoi les enfants d’un enfant qui se drogue n’arrivent pas à limiter ? Ce n’est pas parce que ce sont de mauvais parents, c’est parce que le produit qu’il consomme est une drogue. Il faut un sevrage. » Les effets d’une telle démarche sont souvent positifs, avec une amélioration notable du comportement des jeunes après une période de sevrage.

Au-delà de l’amélioration du comportement, Nicolas a également constaté des bénéfices sur son sommeil, sa forme physique, et son moral. Ces témoignages mettent en lumière l’urgence d’une prise de conscience collective sur les dangers de l’addiction aux écrans et la nécessité d’initiatives comme celle d’Emmanuel Macron pour encourager les jeunes à se déconnecter.