Au cœur des guerres de la Révolution et de l’Empire, un homme se distingue par son courage et son endurance. Nicolas Charles Oudinot, maréchal d’Empire, est le soldat qui aurait subi le plus grand nombre de blessures au cours de ces conflits. Son incroyable parcours, marqué par 34 blessures, est un témoignage poignant de l’héroïsme des combattants de cette époque.
EN BREF
- Nicolas Charles Oudinot, maréchal d’Empire, a été blessé 34 fois en combat.
- Il reste l’un des maréchaux les moins connus de Napoléon, malgré ses exploits.
- Oudinot est mort paisiblement à 80 ans, sans se plaindre d’aucune infirmité.
François-René de Chateaubriand, qui a côtoyé Oudinot, le décrivait comme « criblé de blessures ». En 1830, le futur maréchal Canrobert, le rencontrant aux eaux de Barèges, lâcha la phrase évocatrice : « C’était une passoire. » En effet, Oudinot a été touché par des balles, percé par des lances, coupé par des sabres, et même brûlé par des éclats d’obus. Pourtant, malgré ce palmarès impressionnant, il demeure relativement méconnu, éclipsé par d’autres figures plus flamboyantes telles que Murat ou Ney.
Né en 1767 à Bar-le-Duc, Nicolas Charles Oudinot est le fils d’un artisan-brasseur. Bien que la voie familiale ne l’attire pas, il choisit de s’engager à 17 ans au régiment du Médoc. Après un bref retour à la vie civile, il reprend du service en 1791, alors que la France fait face à des menaces extérieures. Son premier combat, à Bitche, lui vaut sa première blessure à la tête, mais cela ne fait qu’ouvrir la voie à une carrière militaire riche en exploits.
En 1794, il est promu général de brigade, et son ascension se poursuit au fil des batailles. À Neckerau, il reçoit cinq coups de sabre, mais cela ne l’empêche pas de continuer à se battre. Sous l’Empire, il se distingue à plusieurs reprises, notamment lors de la bataille de Friedland, où ses grenadiers jouent un rôle décisif.
Napoléon reconnaît ses mérites en lui conférant le titre de maréchal d’Empire lors de la victoire de Wagram en 1809. Oudinot devient alors un homme clé dans l’armée française, participant à des campagnes notables en Hollande et en Russie. Lors de la désastreuse campagne de 1812, il est blessé mais ne recule pas. Il se rhabille d’uniforme pour rejoindre ses hommes et contribue à la retraite de l’armée française à travers la rivière Berezina.
Sa bravoure lui permet de survivre à de nombreux conflits, mais la guerre ne l’épargne pas. Au cours de la campagne de 1813, il contracte le typhus, ce qui le contraint à quitter le champ de bataille. Malgré tout, il se bat pour défendre la patrie contre les nouvelles coalitions. Sa dernière blessure survient à Arcis-sur-Aube, où une balle est déviée par un aigle qu’il porte sur lui.
Après la chute de Napoléon, Oudinot choisit de se rallier au roi Louis XVIII, restant fidèle même lors du retour de Napoléon en 1815. Il accède à la pairie et participe à l’expédition d’Espagne en 1823, où il prend Madrid. Plus tard, sous la monarchie de Juillet, il est nommé gouverneur des Invalides, un poste qui lui permet de vivre ses dernières années en paix.
Oudinot meurt à l’âge de 80 ans, paisiblement dans son lit. C’est un héros dont la mémoire mérite d’être ravivée, car malgré son destin exceptionnel, il a souvent été oublié. Un brave, comme Napoléon l’a qualifié, mais dont l’absence de reconnaissance stratégique ne doit pas occulter les prouesses militaires.