Les hommes de plus de 50 ans ressentent parfois une baisse d’énergie, une libido réduite ou des troubles du sommeil. Ces signes sont souvent liés à l’andropause, un phénomène naturel accompagné d’une diminution progressive de la testostérone. Cet article s’intéresse aux réalités de l’andropause et aux approches médicales qui permettent d’en atténuer les effets.
EN BREF
- Andropause : une baisse de testostérone qui touche de nombreux hommes après 50 ans.
- Diagnostic basé sur un examen clinique et un dosage sanguin de la testostérone.
- Traitement hormonal proposé uniquement en cas de symptômes gênants et après évaluation médicale.
Historiquement, le terme d’andropause a suscité de nombreux débats. Néanmoins, le déficit androgénique lié à l’âge est désormais reconnu comme une réalité clinique. La testostérone, hormone essentielle au bon fonctionnement de l’organisme masculin, diminue d’environ 1 à 2 % par an à partir de l’âge de 20 ans, avec une chute plus marquée vers la cinquantaine. Contrairement à la ménopause chez les femmes, l’andropause ne rend pas les hommes stériles, mais elle entraîne des modifications métaboliques significatives.
Les symptômes associés à l’andropause incluent la fatigue, des troubles de la sexualité, une prise de poids, ainsi qu’une irritabilité. Près de 50 % des hommes de plus de 70 ans sont affectés. Les populations les plus touchées sont souvent celles ayant des antécédents de diabète, d’obésité ou de cancer du testicule.
Diagnostic de l’andropause
Le diagnostic repose sur un examen clinique, l’utilisation du score ADAM, et un dosage sanguin de la testostérone, de préférence effectué le matin. Selon les données épidémiologiques, 6 % des hommes de plus de 55 ans souffrent d’un déficit androgénique symptomatique, ce pourcentage atteignant 50 % après 70 ans. Un traitement substitutif à la testostérone n’est envisagé que si les symptômes sont gênants et après avoir écarté d’autres causes, telles que des maladies chroniques ou l’hypothyroïdie.
Le Pr Stéphane Droupy précise que « un traitement à base de testostérone ne provoque pas de cancer de la prostate, mais il peut le révéler si celui-ci était latent ». Avant toute prescription, un bilan prostato-urinaire est donc systématique, comprenant un toucher rectal, un dosage du PSA, et parfois une biopsie.
Options de traitement et recommandations
Dans la vie quotidienne, l’andropause ne se manifeste généralement pas par un seul symptôme. Les hommes peuvent ressentir une érection moins fiable, une perte d’énergie ou des troubles du sommeil, souvent exacerbés par des sueurs nocturnes. Avant d’envisager un traitement hormonal, il est recommandé d’adopter un mode de vie sain, incluant une alimentation équilibrée et une activité physique régulière.
Bien que certaines plantes, telles que le ginseng, soient parfois mentionnées, aucune thérapie naturelle n’a fait la preuve de son efficacité pour augmenter la testostérone ou soulager durablement les symptômes. Les experts s’accordent à dire que les adaptations du mode de vie et les traitements validés scientifiquement restent les meilleures options.
Le traitement substitutif à la testostérone est proposé uniquement après exclusion de contre-indications, telles qu’un antécédent de cancer de la prostate ou de la poitrine. Ce type de traitement nécessite une surveillance étroite pour détecter d’éventuels effets indésirables, notamment une polyglobulie (excès de globules rouges) ou des troubles du sommeil.
Sans accompagnement médical, les troubles liés à l’andropause peuvent s’aggraver avec le temps, entraînant une fragilité accrue sur le plan musculaire et osseux. Une approche proactive et éclairée est donc essentielle pour améliorer la qualité de vie des hommes concernés.
En résumé, l’andropause est un phénomène naturel qui nécessite une attention particulière. Un diagnostic précis et une prise en charge adaptée peuvent considérablement améliorer le bien-être des hommes touchés.