Pénurie énergétique en France : Patrick Pouyanné tire la sonnette d’alarme

Patrick Pouyanné, le PDG de TotalEnergies, a lancé un avertissement préoccupant concernant l’état des réserves énergétiques en France lors de son intervention à la World Policy Conference, qui s’est tenue le 24 avril 2026 à Chantilly. Il a évoqué les conséquences potentielles du blocage du détroit d’Ormuz, un passage maritime stratégique pour le transport de l’énergie, en raison des tensions persistantes au Moyen-Orient.

EN BREF

  • Patrick Pouyanné alerte sur une possible pénurie énergétique en France dans les prochains mois.
  • Le blocage du détroit d’Ormuz complique l’approvisionnement en pétrole et gaz.
  • Des investissements dans de nouveaux pipelines sont nécessaires pour améliorer la résilience.

Depuis le début du conflit au Moyen-Orient fin février, le détroit d’Ormuz, qui représente environ 20 % des échanges mondiaux de pétrole et de gaz, est presque totalement paralysé en raison des actions de l’Iran. Cette situation est exacerbée par les sanctions imposées par les États-Unis, qui ont également restreint les exportations iraniennes. Pouyanné a souligné que si ce blocage perdurait, la France pourrait bientôt faire face à une crise énergétique semblable à celle déjà observée dans certains pays asiatiques.

Il a précisé que les réserves avaient déjà été largement épuisées, et que l’absence d’un approvisionnement stable pourrait mener à une pénurie imminente. « Nous avons désormais absorbé tout le surplus. Si la situation persiste encore deux ou trois mois, nous entrerons dans une ère de pénurie énergétique », a-t-il déclaré avec gravité.

Pouyanné a également noté que, bien que la pénurie ne soit pas encore ressentie dans le bassin atlantique, il est crucial de ne pas ignorer les conséquences d’un accès restreint à ces réserves. « La résolution du problème du détroit d’Ormuz est un enjeu crucial », a-t-il insisté, tout en rappelant que TotalEnergies avait déjà subi une perte de 15 % de sa production au Moyen-Orient à cause des conflits en cours.

Face à cette situation alarmante, le dirigeant a appelé à une résilience accrue, suggérant que des investissements dans de nouveaux pipelines pourraient réduire la dépendance à ce passage maritime vital. Il a averti que l’absence de voies alternatives pour sortir du détroit d’Ormuz représente un défi majeur pour la sécurité énergétique.

« Nous devons commencer à envisager la résilience comme un investissement », a affirmé Pouyanné, tout en soulignant l’importance d’explorer d’autres moyens d’approvisionnement. Malgré les difficultés, il a reconnu que se passer du pétrole du Golfe, qui est actuellement très compétitif sur le plan des prix, serait un défi considérable.

En conclusion, la situation au détroit d’Ormuz pourrait avoir des répercussions significatives sur l’approvisionnement énergétique de la France dans les mois à venir. Les avertissements de Patrick Pouyanné mettent en lumière la nécessité d’une action rapide et d’une réflexion stratégique sur l’avenir énergétique du pays.