Le paysage ferroviaire français est sur le point de connaître un bouleversement majeur avec l’arrivée de Velvet, un nouvel opérateur privé. Ce mercredi 22 avril 2026, l’entreprise a révélé sa première rame à La Rochelle, marquant ainsi une étape significative dans son projet ambitieux de concurrencer la SNCF sur la façade atlantique.
EN BREF
- Velvet lancera des lignes à grande vitesse vers Bordeaux, Angers, Nantes et Rennes.
- Des tests des rames débuteront à La Rochelle, avec une homologation prévue d’ici deux ans.
- L’opérateur a levé un milliard d’euros pour son développement, avec un contrat de maintenance sur 15 ans.
À compter de la mi-2028, Velvet proposera des liaisons rapides depuis Paris vers plusieurs villes de l’ouest de la France. Les destinations initiales incluent Bordeaux, suivies d’Angers, Nantes et Rennes. Les rames, conçues en double étage, allient modernité et confort, arborant une livrée verte et lilas, qui deviendra bientôt emblématique de l’opérateur.
Rachel Picard, la fondatrice et PDG de Velvet, qui a précédemment dirigé la branche voyageurs de la SNCF, a exprimé sa fierté lors de la cérémonie de lancement. « Il s’agit du premier train de la première compagnie de train à grande vitesse française indépendante », a-t-elle souligné. Cette déclaration marque un tournant dans l’histoire du transport ferroviaire en France, où la SNCF a longtemps été la seule à offrir des services de grande vitesse.
Les premiers tests des rames seront réalisés en statique à La Rochelle, avant de passer à des essais sur rail. Velvet espère obtenir l’homologation de ses trains dans un délai de deux ans. Timothy Jackson, co-fondateur de la société et ancien dirigeant de la RATP en Grande-Bretagne, a précisé que ces tests sont cruciaux pour assurer la sécurité et la fiabilité des services.
Pour soutenir ses ambitions, Velvet a levé un milliard d’euros, dont 850 millions sont destinés à l’acquisition de douze trains Avelia Horizons de dernière génération, fabriqués par Alstom. Ce partenariat inclut également la maintenance des trains pendant les 15 prochaines années, qui sera effectuée dans un nouvel atelier en construction près de Bordeaux, à Marcheprime.
La stratégie de Velvet repose sur l’offre de 10 millions de places par an sur ses lignes. Picard a déclaré : « Nous lançons trois lignes d’un coup, ce qu’aucun autre nouvel opérateur n’a fait ». Cette approche vise à répondre à une demande croissante des usagers, en particulier sur la façade atlantique, où la SNCF peine à satisfaire les besoins des voyageurs.
Actuellement, environ 15 % des passagers ne trouvent pas de place sur les lignes concernées, ce qui les pousse à renoncer à leur voyage. Si la situation demeure inchangée d’ici 2030, ce chiffre pourrait atteindre 25 %. Pierre Plaindoux, analyste ferroviaire, a confirmé que l’arrivée de Velvet pourrait significativement améliorer la capacité sur ces lignes déjà saturées.
Bien que Velvet ne souhaite pas encore dévoiler les détails de son offre, Picard a insisté sur l’importance de sa mission : « Nous voulons mettre plus de gens dans les trains, augmenter le nombre de trains sur le réseau et être bénéfiques pour l’environnement ». Cette vision pourrait contribuer à rendre le transport ferroviaire plus accessible et durable en France.
Malgré l’enthousiasme suscité par ce projet, Velvet doit naviguer dans un contexte concurrentiel complexe. Le PDG de la SNCF, Jean Castex, a récemment appelé à l’application de règles équitables pour tous les opérateurs, soulignant la nécessité de préserver la compétitivité de son entreprise. Velvet, en revanche, refuse de se voir imposer des contraintes supplémentaires, arguant qu’elle finance déjà le réseau de manière significative.
Alors que le projet Velvet prend forme, l’avenir du ferroviaire en France semble plus prometteur. Avec la concurrence qui s’intensifie, les passagers pourraient bientôt bénéficier de services améliorés, de prix compétitifs et d’une meilleure accessibilité sur les lignes à grande vitesse.