Les taxis dénoncent le mépris du gouvernement face à la hausse des prix du carburant

Les représentants des fédérations de taxis et de véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC) ont été reçus vendredi dernier au ministère des Transports. Leur objectif : obtenir une aide pour compenser la forte hausse des prix des carburants, qui impacte durement leur activité. Leurs demandes, cependant, n’ont pas été entendues, et le ministère a rejeté leur requête d’intégration à la liste des bénéficiaires de l’aide au carburant, au même titre que les routiers, les pêcheurs et les agriculteurs.

EN BREF

  • Les taxis demandent une aide face à la hausse des prix des carburants.
  • Le ministère des Transports refuse leur intégration à l’aide pour les grands rouleurs.
  • Les professionnels dénoncent des propositions jugées méprisantes.

Dominique Buisson, secrétaire de la Fédération nationale des taxis (FNDT), a exprimé son mécontentement sur RMC, qualifiant les propositions d’aides de « largement en deçà des attentes ». Il a pointé du doigt ce qu’il considère comme une « aumône » : une aide de 50 euros par mois pendant trois mois, comparée à celle attribuée aux gros rouleurs particuliers. « Il n’y a plus d’argent aujourd’hui, c’est ça ou rien », a-t-il déploré.

Les professionnels du secteur ne se contentent pas de cette aide dérisoire. Ils estiment qu’elle ne tient pas compte de leur réalité économique. « La seule chose qu’on nous a demandée, c’est d’augmenter nos tarifs et de répercuter cette hausse sur notre clientèle, déjà affaiblie », a ajouté Dominique Buisson. Selon lui, cette attitude témoigne d’un profond mépris à l’égard d’un secteur qui ne se limite pas à être un simple « gros rouleur ».

Des conséquences économiques lourdes

Les taxis et VTC sont en proie à une crise exacerbée par la flambée des prix des carburants. Selon les représentants, cette augmentation représente actuellement « 20% du chiffre d’affaires ». Ils réclament également le gel de la taxe CEE sur les carburants, qui a crû de 16 centimes par litre depuis janvier, ajoutant encore une pression supplémentaire sur leurs marges.

Pour le ministère, la situation est complexe. Bien qu’il reconnaisse que « le dispositif prévu pour les transporteurs routiers n’est pas adapté aux taxis », il souligne que la profession bénéficie déjà de mesures d’étalement des cotisations sociales et des charges fiscales mises en place dès le début de la crise liée à la pandémie. De plus, il rappelle que « les conducteurs de taxis et de VTC sont éligibles à l’aide pour les grands rouleurs, sous certaines conditions de revenus et de kilomètres parcourus ».

Vers un avenir incertain

Les représentants des taxis et VTC doivent se réunir à nouveau pour décider des prochaines étapes de leur lutte. Bien que la mobilisation précédente ait duré deux semaines, Dominique Buisson ne prévoit pas de nouvelle action dans l’immédiat, considérant que celles-ci n’ont pas eu l’impact escompté. « C’est une réunion pour rien », déplore-t-il, exprimant un sentiment de frustration face à l’absence de solutions concrètes.

En conclusion, la situation demeure tendue pour les taxis et VTC, qui se sentent abandonnés par le gouvernement face à une crise qui menace leur subsistance. La nécessité d’une prise en charge adaptée et rapide devient de plus en plus pressante, alors que la profession se bat pour sa survie économique.