Alors que la rentrée scolaire de septembre 2026 se profile, une décision controversée touche l’école communale Jean-Moulin de Breil-sur-Roya, située dans les Alpes-Maritimes. La fermeture d’une des classes de maternelle suscite une vive opposition parmi les élus locaux. Le maire, Sébastien Olharan, a choisi une approche originale pour faire entendre sa voix.
EN BREF
- Fermeture d’une classe de maternelle à Breil-sur-Roya prévue pour septembre 2026
- Le maire et 18 élus s’inscrivent symboliquement en classe pour protester
- Augmentation des effectifs malgré la suppression annoncée
La décision de fermer une classe de maternelle, alors que l’établissement compte au total huit classes, est jugée inacceptable par le maire et les élus du conseil municipal. Pour exprimer leur désaccord, ils ont décidé de s’inscrire en moyenne section de manière symbolique. Cette initiative a pour but de sensibiliser la population et de montrer l’impact de cette fermeture sur la qualité de l’éducation des enfants.
Le maire Olharan a déclaré : « Nous allons faire notre rentrée de classe équipés de nos cartables et doudous et prendre place dans une des classes de notre école, même classe qui risque de se retrouver vide avec la fermeture annoncée. » L’objectif est de démontrer les conséquences directes de cette réduction des effectifs, qui entraînerait une répartition des élèves dans deux salles de classe. Actuellement, avec 50 enfants inscrits en maternelle, cela donnerait une moyenne de 25 élèves par classe.
Cette situation est d’autant plus préoccupante que le maire a souligné que l’Académie, lors de la « primarisation » de l’école l’année précédente, avait garanti qu’aucune classe ne serait supprimée. Il met en avant le fait que l’établissement attend 161 élèves à la rentrée 2026, en hausse par rapport aux 135 élèves de 2021, ce qui complique la justification de cette fermeture.
Les élus, par cette action, souhaitent attirer l’attention sur une problématique plus large : celle des fermetures de classes en milieu rural, qui touchent de nombreuses communes. En effet, les syndicats de l’éducation s’inquiètent de la tendance actuelle, qui pourrait mener à des augmentations d’effectifs au-delà de la moyenne nationale, fixée à 21,5 élèves par classe en zone rurale pour 2024.
À travers cette action symbolique, le maire et les élus espèrent faire réagir le gouvernement et obtenir un moratoire sur les fermetures de classes, afin de préserver la qualité de l’éducation dans leur commune. Cette démarche originale pourrait inspirer d’autres élus à travers le pays, face à des décisions similaires qui mettent en péril l’avenir des écoles rurales.
En somme, le combat du maire de Breil-sur-Roya et de son équipe illustre la résistance des territoires face aux choix parfois cruels de la carte scolaire. Les enjeux sont cruciaux non seulement pour l’école de Breil-sur-Roya, mais aussi pour l’ensemble des écoles rurales en France, dont l’avenir semble plus que jamais menacé.