Christian Molinari lance une usine de jeux de société pour soutenir le made in France

La réindustrialisation française prend un tournant inattendu avec le lancement d’une usine de jeux de société à Houdemont, près de Nancy. Christian Molinari, co-fondateur de la société Game in France, a récemment annoncé son projet, visant à offrir une solution de production locale pour les éditeurs de jeux. Ce dimanche, lors d’une interview sur RMC, il a souligné l’importance de disposer d’une usine entièrement intégrée pour répondre aux besoins du marché français.

EN BREF

  • Une nouvelle usine de jeux de société a été ouverte à Houdemont par Game in France.
  • 80% des jeux vendus en France proviennent actuellement de Chine.
  • La production locale vise à réduire les délais et à offrir des prix compétitifs.

Le marché des jeux de société en France est en pleine expansion, générant plus de 620 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025 avec 37 millions de jeux vendus. Toutefois, une part significative de cette production, soit 80%, est importée de Chine, tandis que le reste provient principalement de Pologne. Face à cette dépendance, l’initiative de Game in France se veut un levier pour relocaliser une partie de la production.

Christian Molinari a précisé que l’usine à Houdemont dispose de machines modernes, capables de produire des jeux de société à des tarifs compétitifs. L’objectif est de proposer une fourchette de prix qui soit de 5 à 10% plus élevée que celle pratiquée en Pologne, tout en intégrant les coûts de transport. En somme, une fois ces éléments pris en compte, les prix devraient se rapprocher de ceux du marché européen.

La stratégie de Game in France repose sur la standardisation des formats de boîtes et de cartes, ce qui facilitera la production et rendra l’offre plus attrayante pour les éditeurs. En débutant avec des productions en petites séries, l’usine pourra tester le marché avant de passer à des commandes plus importantes en fonction des retours des consommateurs.

Un des grands avantages de la production locale réside dans la rapidité de réassort. Christian Molinari a mis en avant que les délais pour un réassortissement en France ne seraient que de quelques semaines, contre plusieurs mois pour les productions asiatiques. Cela permettrait aux éditeurs de s’adapter plus rapidement aux fluctuations de la demande.

Les premiers retours des éditeurs sont prometteurs. Selon Molinari, plusieurs éditeurs ont déjà manifesté leur intérêt en envoyant des lettres d’intention pour la fabrication de jeux en France, à condition que les prix restent compétitifs. « Notre challenge industriel est de répondre à ce besoin de compétitivité par rapport aux autres pays européens », a-t-il déclaré avec optimisme.

Ce projet de réindustrialisation par le biais des jeux de société pourrait bien marquer un tournant dans la manière dont ces produits sont conçus et commercialisés en France. En réunissant production locale et innovation, Game in France aspire à redéfinir le paysage du secteur tout en soutenant l’économie nationale.

Avec une vision claire et un engagement fort, Christian Molinari et son équipe espèrent que cette initiative contribuera à renforcer l’identité du made in France dans un secteur en constante évolution. À l’heure où le besoin de relocalisation se fait sentir, l’atelier de Houdemont pourrait devenir un modèle à suivre pour d’autres industries.