Emmanuel Macron appelle Andorre à avancer vers la dépénalisation de l’avortement

Le président français et coprince d’Andorre, Emmanuel Macron, a exprimé le 28 avril 2026, à Andorre-la-Vieille, son souhait que le débat sur la dépénalisation de l’avortement progresse dans la principauté, seule en Europe avec le Vatican à interdire complètement l’interruption volontaire de grossesse (IVG).

EN BREF

  • Emmanuel Macron appelle Andorre à faire progresser le débat sur l’avortement.
  • La principauté est l’unique État européen à interdire totalement l’IVG.
  • Le président souligne la nécessité d’adopter un accord d’association avec l’UE.

Lors d’une allocution sur la Plaça del Poble, Emmanuel Macron a déclaré : « De là où je suis, sans préempter vos débats, je souhaite avec affection que ce débat progresse et qu’il permette de répondre à une demande que j’entends. » Cette déclaration marque une étape importante dans une discussion sensible qui touche à la législation sur l’avortement dans ce petit État alpin.

Le système politique d’Andorre, où le chef de l’État français partage le rôle de coprince avec l’évêque d’Urgell, complique les avancées législatives. Emmanuel Macron a précisé que toute démarche vers la dépénalisation doit se faire dans le respect des institutions et des traditions locales. Actuellement, l’IVG est totalement prohibée, et les femmes qui choisissent d’y recourir ainsi que les médecins qui pratiquent cette intervention s’exposent à des peines de prison.

Le Premier ministre andorran, Xavier Espot Zamora, a récemment exprimé des espoirs de voir l’IVG dépénalisée d’ici un an, sans pour autant la légaliser. Il a reconnu que cette question représente une revendication croissante au sein de la société andorrane, et a ajouté : « Le gouvernement s’efforce de trouver une solution mûrement réfléchie et négociée, sans compromettre notre système politique. »

Outre la question de l’avortement, Emmanuel Macron a également insisté sur l’importance d’adopter un accord d’association avec l’Union européenne. Cet accord permettrait à Andorre de participer au marché commun tout en évitant de devenir un État membre à part entière. « C’est une promesse d’avenir, un jalon naturel pour cette principauté profondément européenne par sa géographie, son histoire et sa culture, » a-t-il affirmé.

Le président français a averti que retarder la signature de cet accord pourrait avoir des conséquences négatives sur les relations d’Andorre avec l’UE. « Si à la fin vous disiez non, ou pas maintenant, on va renégocier. La porte ne se rouvrira pas, » a-t-il déclaré, soulignant l’urgence de la situation.

Les préoccupations concernant les déséquilibres de logement en Andorre ont également été abordées lors de cette visite. Avec la montée des loyers, Emmanuel Macron a été accueilli par des manifestations réclamant une politique de « logement digne ».

Le président français, qui visite traditionnellement Andorre une fois par mandat, a profité de son temps sur place pour s’engager avec les habitants, allant jusqu’à signer des drapeaux et visiter des écoles, où il a vanté les mérites du multilinguisme, en mettant en avant les langues catalane, française et espagnole.

Les deux coprinces se sont vus remettre la « Croix des sept bras » de la principauté lors d’une cérémonie au sanctuaire de Méritxel, marquant la fin de cette visite officielle.