Lors d’une intervention poignante à l’Assemblée nationale, Coline Berry, fille de l’acteur Richard Berry, a témoigné des abus sexuels dont elle aurait été victime dans son enfance. Ce témoignage est survenu dans le cadre d’une commission d’enquête sur le traitement judiciaire des violences sexuelles incestueuses parentales. Coline Berry a évoqué des actes d’inceste répétés, en plaidant pour que la justice prenne en compte la nécessité d’une impréscriptibilité des crimes d’inceste.
EN BREF
- Coline Berry accuse son père Richard Berry d’inceste lors d’une commission d’enquête.
- Elle évoque des violences psychologiques et physiques au sein de sa famille.
- Elle plaide pour l’imprescriptibilité des crimes sexuels, dénonçant l’inaction judiciaire.
Coline Berry, née en 1976, a décrit sa jeunesse comme marquée par la violence et les abus. Elle a partagé des souvenirs troublants et intimes de son enfance, décrivant des viols répétés « presque chaque week-end ». « Le sexe de mon père dans ma bouche en guise de trompette ou de flûte », a-t-elle exprimé, insistant sur les souvenirs qui demeurent gravés dans sa mémoire. Ces mots forts soulignent la douleur et l’impact durable de ces violences.
Dans son discours, Coline Berry a également abordé les aspects psychologiques de l’inceste, affirmant que cela ne se limite pas à des actes isolés, mais constitue « un climat » d’abus. Elle a évoqué des gestes, des baisers, et une absence de pudeur au sein de la famille, créant un environnement où les abus devenaient normatifs et invisibles.
Elle a également dénoncé les violences que son père aurait exercées sur sa mère, ajoutant que ces actes étaient entourés de silence et de non-dits. « On ne parlait pas. On ne nommait pas », a-t-elle déclaré, soulignant la difficulté de dénoncer la figure paternelle dans un cadre familial où l’autorité et le respect étaient souvent confondus avec la peur et la douleur.
Le parcours judiciaire de Coline Berry contre son père a été marqué par des obstacles. Les accusations portées à l’encontre de Richard Berry, qui a toujours nié les faits, ont été classées sans suite en août 2022 en raison de la prescription. Ces circonstances ont suscité l’indignation de Coline, qui a déclaré : « La justice qui m’a dit que c’était trop tard. Mais trop tard pour qui ? » Elle a ainsi plaidé pour une réforme législative permettant aux victimes de pouvoir dénoncer des faits anciens sans être entravées par le temps.
Son discours a résonné comme un appel à l’action, espérant que les conclusions de la commission d’enquête sur les violences sexuelles ne resteront pas « lettre morte ». En se positionnant en faveur de l’imprescriptibilité, Coline Berry souhaite non seulement faire entendre sa voix, mais aussi celle de toutes les victimes d’inceste qui vivent dans l’ombre, souvent trop craintives pour dénoncer les abus subis.
Ce témoignage bouleversant met en lumière des problématiques cruciales liées à la justice et à la protection des victimes d’abus sexuels. Coline Berry incarne la lutte pour une reconnaissance légale des souffrances passées, un combat pour que la société prenne conscience des violences incestueuses et de leurs conséquences durables.