Prison ferme requise pour Mickaël Ettori, figure du banditisme corse, accusé de blanchiment

Le tribunal correctionnel de Marseille a requis, ce jeudi, une peine de prison allant de douze à quatorze ans contre Mickaël Ettori, considéré comme un acteur clé de la bande corse du Petit Bar. Accusé de blanchiment d’argent, il aurait agi en tant que « pont » entre la criminalité organisée et le secteur financier.

EN BREF

  • Peine de 12 à 14 ans de prison requise contre Mickaël Ettori.
  • Accusé d’avoir blanchi des millions au profit d’une bande criminelle.
  • Le jugement final sera rendu le 5 mai prochain.

Âgé de 53 ans, Mickaël Ettori est rejugé depuis mardi pour des opérations de blanchiment qui auraient bénéficié à une « association mafieuse » ayant une forte influence sur la Corse-du-Sud, selon la procureure Isabelle Candau. Cette dernière a souligné que les activités de la bande avaient des répercussions profondes sur l’économie locale.

Arrêté le 13 décembre 2025 après cinq ans de cavale, Ettori avait précédemment fait appel d’une condamnation par défaut de douze ans de prison, infligée en mai 2025. Lors du procès, il a qualifié les accusations de « roman » et une « construction » judiciaire visant à créer du sensationnalisme.

Les procureurs ont décrit le Petit Bar comme un groupe criminel impliqué depuis des décennies dans le trafic international de stupéfiants et d’extorsions. Ils ont affirmé que cette organisation, qui génère des millions d’euros, cherchait à investir dans des activités légales pour blanchir ses profits.

Mickaël Ettori est identifié comme l’un des principaux acteurs de la bande, occupant une position stratégique aux côtés de Pascal Porri et Jacques Santoni, ce dernier étant décrit comme le leader incontesté du groupe, bien qu’il soit tétraplégique suite à un accident de moto survenu en 2003.

Les enquêteurs ont mis en évidence des conversations téléphoniques où Jacques Santoni se vantait de la richesse du groupe. Des enregistrements de leurs activités à Paris ont révélé des comptages d’espèces s’élevant à des centaines de milliers d’euros, témoignant d’un train de vie aisé pour Ettori.

Dans cette affaire, l’accusation a présenté Ettori comme un « financier » de la bande, impliqué dans des projets d’investissements immobiliers à Courchevel et à Ajaccio. Selon la procureure, il aurait joué un rôle central dans la mutation du Petit Bar vers des opérations plus larges, cherchant à acquérir une image de respectabilité.

Face aux accusations, Mickaël Ettori a tenté de se défendre en décrivant son activité comme celle d’un simple intermédiaire dans le marché des montres de luxe, avançant des gains annuels modestes estimés entre 40 000 et 50 000 euros. « Je me retrouve en prison avec douze ans pour avoir vendu des montres », a-t-il déclaré. Néanmoins, les procureurs ont rejeté ses arguments, soulignant l’absence de preuves tangibles à l’appui de ses affirmations.

Le procès se poursuit avec la plaidoirie de l’avocat de Mickaël Ettori, Me Bruno Rebstock. Le jugement final est attendu pour le 5 mai, laissant en suspens l’issue de cette affaire qui met en lumière les liens complexes entre criminalité organisée et finance en Corse.