Accusations de discrimination raciale à Roissy : SOS Racisme interpelle le défenseur des droits

Des accusations de discrimination raciale ont émergé à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, où des salariés noirs de la société de sécurité Watch Over auraient été écartés volontairement lors d’un tournage pour la chaîne TF1. L’association SOS Racisme a transmis une saisine au défenseur des droits, demandant l’ouverture d’une enquête sur ces faits qui soulèvent des préoccupations significatives.

EN BREF

  • SOS Racisme saisit le défenseur des droits pour discrimination raciale à Roissy.
  • Des employés noirs auraient été écartés durant un tournage en août 2025.
  • Aéroports de Paris dément toute instruction de discrimination à l’égard du personnel.

Les faits allégués remontent à septembre 2025, lorsque des membres du comité social et économique (CSE) de Watch Over ont alerté SOS Racisme sur des pratiques discriminatoires. Selon l’association, des salariés noirs auraient été « délibérément éloignés des caméras » lors d’un tournage, ce qui soulève des interrogations sur la gestion de la diversité au sein de cette entreprise sous-traitante d’Aéroports de Paris (ADP).

Dans son communiqué, SOS Racisme a mis en lumière le fait que ces réaffectations de postes étaient liées à la couleur de peau des employés. Les témoignages recueillis par l’association évoquent une mise à l’écart systématique, accompagnée de représailles contre ceux qui ont osé dénoncer ces pratiques. « De nombreuses victimes témoignent de cette mise à l’écart et des mesures de représailles adoptées à leur encontre après qu’elles ont dénoncé les faits à leur hiérarchie », a déclaré SOS Racisme.

Le Canard Enchaîné a également abordé ces accusations dans son édition, révélant que sept agents de Watch Over ont dû quitter leur poste, dont cinq licenciés pour des motifs jugés infondés. Ces allégations soulèvent des préoccupations profondes sur la culture d’entreprise et le traitement des employés au sein de ce groupe de sécurité.

En réponse à ces accusations, le Groupe ADP a fermement démenti toute allégation de discrimination. Dans un communiqué transmis à l’AFP, ADP a affirmé qu’« aucune instruction n’a été donnée visant à discriminer ou interdire à des personnels de participer à une opération de presse ». ADP précise que les critères de participation sont basés sur le volontariat et la correlation entre le sujet du journaliste et l’expertise des employés.

La direction d’ADP a également indiqué avoir demandé des éclaircissements à Watch Over concernant ces faits, concluant qu’« leur restitution des faits dément toute initiative de discrimination de leur part ». Cette situation met en lumière les enjeux liés à la diversité et à l’inclusivité au sein des entreprises, en particulier dans des environnements aussi visibles que les aéroports.

Il est primordial que des enquêtes approfondies soient menées pour évaluer la véracité de ces accusations et garantir un environnement de travail exempt de discrimination. Le cas de Roissy pourrait en effet servir de révélateur pour d’autres entreprises et institutions, soulignant l’importance d’une vigilance constante face aux discriminations raciales.

Les autorités compétentes devront désormais se pencher sur cette affaire, afin de clarifier les faits et de prendre les mesures nécessaires pour assurer le respect des droits de chaque salarié, sans distinction.