Le monde des arts martiaux mixtes (MMA) en France vient de connaître un épisode choquant. Mercredi 6 mai, un arrêté préfectoral a été rendu public, interdisant à Yom Yidikes, un entraîneur de MMA basé à Lyon, d’exercer pendant six mois. Cette décision fait suite à une vidéo controversée où le coach infligeait de violents coups de pied à de jeunes enfants.
EN BREF
- Yom Yidikes suspendu six mois après des violences sur des enfants.
- La vidéo de ses entraînements a suscité une vive polémique.
- Une enquête administrative a été ouverte par le parquet de Lyon.
La polémique a éclaté le 27 avril, lorsqu’une vidéo montrant Yidikes en train de frapper des enfants a été diffusée sur le réseau social X. Dans cette séquence d’une minute, l’entraîneur semble encourager un enfant en l’invectivant : « T’as mal ? Non ! Il suffit juste de retenir ses émotions. » Cette scène a suscité l’indignation de l’association Mouv’Enfants, dirigée par le militant Arnaud Gallais, qui a lancé une pétition pour dénoncer ces pratiques.
Les images ont également interpellé les autorités. Dans l’arrêté préfectoral du 29 avril, il est souligné que les coups portés par Yidikes étaient d’une telle force qu’ils projetaient les enfants à plusieurs mètres. La préfecture a noté que des pleurs étaient perceptibles chez certains jeunes, ce qui ne correspond pas aux attentes d’un éducateur sportif.
La ministre des Sports, Marina Ferrari, a également réagi en qualifiant ces comportements d' »absolument inacceptables ». Elle a exprimé sa révolte face à des pratiques qui, selon elle, ne peuvent être considérées comme des méthodes éducatives ou sportives. En parallèle de l’arrêté, le parquet de Lyon a ouvert une enquête administrative sur cette affaire.
Yom Yidikes, âgé de 34 ans, a tenté de justifier ses actions dans une interview accordée au Figaro. Il a déclaré vouloir « choquer » le public sur les réseaux sociaux et a affirmé que sa méthode, jugée « à la dure », visait à préparer les enfants à des situations de self-défense. Il a précisé que les parents étaient présents lors des entraînements et a défendu son approche en niant avoir blessé quiconque, affirmant qu’il retenait ses coups.
Ce n’est pas la première fois que Yidikes se retrouve au cœur d’une controverse. En novembre dernier, il avait déjà fait parler de lui après avoir frappé le streamer InoxTag lors d’un événement caritatif. La Fédération française de MMA, qui a été créée en 2020 et regroupe 350 clubs, a précisé que Yidikes n’est ni affilié ni certifié par leur organisation. Lionel Brézéphin, le président de la fédération, a insisté sur le fait que Yidikes est un « électron libre » qui n’a pas suivi les formations requises.
Cette affaire soulève des questions sur la légitimité de certaines pratiques dans le milieu des arts martiaux et sur la responsabilité des entraîneurs envers leurs élèves. Les réactions continuent de fuser, tant sur les réseaux sociaux que dans les médias, alors que l’enquête suit son cours.
La suspension de Yom Yidikes met en lumière les enjeux de la violence dans le sport, et plus particulièrement dans les sports de combat. La protection des enfants doit être une priorité, et il reste à voir comment les instances sportives réagiront face à des comportements jugés inacceptables.