Ce mercredi 6 mai, la cour d’assises de Paris a entendu le témoignage poignant de Marie-Hélène Dini, 60 ans, lors du procès de l’affaire Athanor. Pour la première fois depuis le début de ce procès tentaculaire, elle a raconté son expérience traumatisante, marquée par une tentative d’assassinat orchestrée au sein d’une loge maçonnique, révélant ainsi les rouages d’une vaste organisation criminelle.
EN BREF
- Marie-Hélène Dini témoigne de sa vie, marquée par la violence et la peur.
- Son agression en 2019 et la tentative d’assassinat en 2020 ont révélé un réseau criminel.
- Les accusés expriment des remords face à la douleur infligée à la victime.
Marie-Hélène Dini a partagé son parcours personnel et professionnel, évoquant ses débuts en tant que cheffe d’entreprise et fondatrice d’une école de formation au coaching. Son engagement pour une régulation des pratiques dans son domaine lui a valu des ennemis, notamment Jean-Luc Bagur, un concurrent qui a commandité son assassinat pour des motifs obscurs.
Le 24 octobre 2019, elle a été agressée par deux hommes qui l’attendaient à son domicile. Cette violence, bien que choquante, n’était que le prélude à un événement bien plus grave. Le 24 juillet 2020, alors qu’elle se rendait au travail, elle a été informée qu’elle avait échappé à une tentative d’assassinat, orchestrée par ceux qui souhaitaient la voir disparaitre.
« Il m’a fallu beaucoup de temps pour réaliser ce à côté de quoi j’étais passée. C’était très théorique quelque part », a-t-elle déclaré, révélant l’angoisse qui l’a habitée depuis. La paranoïa a progressivement pris le dessus, la poussant à douter de ceux qui l’entouraient. Elle a finalement découvert que son agresseur était lié à une loge maçonnique, où des contrats d’assassinat étaient passés pour des motifs souvent personnels.
La tentative d’assassinat a failli se concrétiser, mais un homme a sauvé Marie-Hélène Dini en alertant les autorités. Ce conducteur de travaux a remarqué des comportements suspects chez les individus qui l’observaient. Son intervention a conduit à l’arrestation des deux militaires, chargés d’exécuter le contrat.
Lors de son témoignage, Marie-Hélène a également rencontré celui qu’elle considère comme son « homme providentiel ». Bien qu’elle ait souhaité éviter toute interférence dans le processus judiciaire, le lien qui les unit est indéniable. Leurs regards échangés lors de cette première rencontre témoignent de la gratitude et de l’émotion partagée.
Hassan Touzani, un autre homme impliqué dans l’affaire, a également été visé par des commanditaires qui voulaient faire disparaître un syndicaliste gênant. Comme Marie-Hélène, il a échappé à une mort certaine grâce à l’effondrement du projet criminel, témoignant du climat de peur qui régnait au sein de cette loge.
Depuis ces événements, Marie-Hélène Dini souffre de troubles sévères du stress post-traumatique, impactant profondément sa vie quotidienne. Elle se décrit comme étant « anéantie », vivant dans un état d’hypervigilance constant, une réalité exacerbée par son état de santé fragile. Son témoignage a suscité des réactions de la part des accusés, dont certains ont exprimé leurs regrets face à la douleur infligée.
Jean-Luc Bagur, l’un des responsables, a présenté ses excuses en déclarant : « Je veux vous dire le remords, cette douleur morale qui me poursuit et qui m’accable. » Frédéric Vaglio, chef de la loge en 2020, a également exprimé son profond regret, ajoutant « Mille fois pardon, infiniment pardon ». Ces mots, bien que tardifs, témoignent des conséquences dramatiques de leurs actes. Le procès se poursuit, tandis que les victimes tentent de reconstruire leur vie après l’horreur.
Ce procès soulève des interrogations sur les abus de pouvoir au sein des organisations, ainsi que sur la nécessité d’une régulation stricte des pratiques professionnelles. Marie-Hélène Dini, en exposant son histoire, met en lumière les dangers qui guettent ceux qui osent s’opposer à des systèmes corrompus.