Expérimentation des tasers par les agents SNCF et RATP : ce qu’il faut savoir

Depuis le 10 mai 2026, une nouvelle mesure a été mise en place pour renforcer la sécurité dans les transports publics. Certains agents de sûreté de la SNCF et de la RATP sont désormais équipés de pistolets à impulsion électrique, couramment appelés tasers. Ce dispositif, qui sera testé pendant une période de trois ans, vise à mieux gérer les situations de violence dans les gares et sur les lignes de transport.

EN BREF

  • Les agents de la SNCF et de la RATP peuvent désormais utiliser des tasers.
  • Cette expérimentation se déroule dans plusieurs grandes gares et sur certaines lignes de RER.
  • Une formation de 18 heures est requise avant l’utilisation des pistolets à impulsion électrique.

La décision d’équiper les agents de ces armes non létales a été annoncée par le ministère des Transports pour tenter de lutter contre l’augmentation des comportements violents. Parmi les gares concernées, on trouve des lieux stratégiques tels que Lyon Part-Dieu, Marseille Saint-Charles, ainsi que plusieurs gares de Paris et de sa périphérie.

Les agents concernés et leur formation

Selon l’arrêté publié, environ 10 % des agents de la police ferroviaire seront concernés par cette expérimentation, ce qui représente entre 300 et 400 agents. Ces derniers sont déjà assermentés et formés au port d’armes létales, mais devront suivre une formation spécifique avant d’utiliser les tasers. Cette formation comprendra des enseignements théoriques et pratiques d’une durée d’au moins dix-huit heures, incluant un entraînement au tir.

Les agents de la SNCF, appartenant au Service de surveillance générale de la SNCF (SUGE), et ceux de la RATP, qui relèvent du Groupe de protection et de sécurité des réseaux (GPSR), seront donc les principaux acteurs de cette initiative. Cette mesure est le fruit d’une réflexion sur la sécurité des voyageurs et des agents, alors que les incidents violents dans les transports publics se multiplient.

Règles d’utilisation et restrictions

Pour encadrer l’utilisation des tasers, l’arrêté précise également les conditions dans lesquelles ces armes peuvent être déployées. Leur usage est strictement prohibé contre les enfants et les femmes manifestement enceintes, ainsi que contre les conducteurs de véhicules en mouvement ou en tant qu’arme de contact. Ces restrictions visent à garantir un usage responsable et éthique de ces dispositifs.

Une évaluation de cette expérimentation sera réalisée à intervalles réguliers. Un rapport sera produit pour analyser le nombre et la composition des patrouilles, ainsi que les circonstances des interventions et les résultats de l’utilisation des tasers. Cela permettra d’ajuster les protocoles si nécessaire, afin de préserver la sécurité de tous.

Il convient de rappeler que cette expérimentation s’inscrit dans le cadre de la loi du 28 avril 2025 relative à la sûreté dans les transports, qui avait été initialement censurée par le Conseil constitutionnel pour des raisons de forme. L’actuel ministre des Transports, Philippe Tabarot, avait alors proposé cette mesure lorsqu’il était sénateur, témoignant de l’importance accordée à la sécurité dans le secteur des transports.

Cette initiative soulève des questions sur l’évolution de la sécurité dans les transports publics et la manière dont les autorités gèrent les incidents violents. L’utilisation de tasers pourrait-elle devenir une norme dans le futur ? Seul le temps le dira, mais cette expérimentation marque un tournant dans la manière dont les agents de sécurité sont équipés pour faire face aux défis de leur mission.