Interdiction des produits alimentaires au CBD : la DGAL fixe une date butoir

La Direction gĂ©nĂ©rale de l’alimentation (DGAL) a annoncĂ© ce jeudi 7 mai que les produits alimentaires Ă  base de cannabidiol, communĂ©ment appelĂ©s CBD, seront interdits Ă  partir du 15 mai prochain. Cette dĂ©cision s’inscrit dans le cadre de l’application de la rĂ©glementation europĂ©enne sur les nouveaux aliments.

EN BREF

  • Interdiction des produits alimentaires au CBD Ă  partir du 15 mai 2026.
  • RĂ©actions vives des professionnels du secteur, craignant pour l’avenir de leurs boutiques.
  • La DGAL applique une rĂ©glementation europĂ©enne jugĂ©e restrictive par certains acteurs.

Cette dĂ©cision, qui affecte des produits tels que les huiles, tisanes et bonbons au CBD, a suscitĂ© de vives rĂ©actions au sein de la filiĂšre. Paul Maclean, reprĂ©sentant de l’Union des professionnels du CBD (UPCBD), a qualifiĂ© cette mesure d’« aberrante », soulignant qu’elle pourrait avoir des consĂ©quences dĂ©sastreuses pour plus de 2000 boutiques spĂ©cialisĂ©es en France. Selon lui, bien qu’il soit possible de consommer du CBD sous d’autres formes, l’interdiction des produits alimentaires est une approche incomprĂ©hensible.

Il est important de noter que le CBD destinĂ© Ă  ĂȘtre fumĂ© ou utilisĂ© dans des cigarettes Ă©lectroniques reste, quant Ă  lui, autorisĂ©. La rĂ©glementation europĂ©enne sur les « Novel Food », en vigueur depuis 1997, impose effectivement aux nouveaux aliments de soumettre une demande d’autorisation, ce qui, selon des sources, n’a pas Ă©tĂ© fait pour les produits alimentaires contenant du CBD.

Une filiĂšre en danger

La DGAL, qui avait auparavant tolĂ©rĂ© ces produits sous certaines conditions, a informĂ© les professionnels de la filiĂšre, Ă  mi-avril, qu’il n’y aurait plus de tolĂ©rance aprĂšs le 15 mai. La ConfĂ©dĂ©ration paysanne, un des principaux syndicats agricoles, a Ă©galement exprimĂ© ses inquiĂ©tudes dans un communiquĂ©, qualifiant cette interdiction de « menace directe sur la filiĂšre ». Le syndicat a affirmĂ© que des centaines de producteurs et de fermes diversifiĂ©es se retrouveront en danger Ă  cause de cette dĂ©cision.

Les coĂ»ts Ă©levĂ©s associĂ©s Ă  l’obtention d’une dĂ©rogation au rĂšglement europĂ©en, qui favorisent les grands acteurs industriels, exacerbent encore les prĂ©occupations des petits producteurs. Paul Maclean a Ă©galement insistĂ© sur le fait que la rĂ©glementation europĂ©enne ne s’impose pas nĂ©cessairement aux États membres, qui ont la possibilitĂ© de choisir de ne pas l’appliquer. L’UPCBD envisage d’Ă©tudier les recours possibles contre cette dĂ©cision.

Impact sur le marché

Le secteur du CBD alimentaire reprĂ©sente une part significative du chiffre d’affaires des magasins spĂ©cialisĂ©s, atteignant environ 40 %. Cette interdiction risque donc de bouleverser un marchĂ© en pleine expansion, qui a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© confrontĂ© Ă  des dĂ©fis en matiĂšre de rĂ©gulation.

Le gouvernement français, par l’intermĂ©diaire du ministĂšre de l’Agriculture, doit prochainement communiquer sur cette question, bien que la DGAL n’ait pas encore fourni de rĂ©ponse Ă  la demande de l’AFP.

Cette actualitĂ© met en lumiĂšre les tensions croissantes entre la rĂ©glementation europĂ©enne et la rĂ©alitĂ© du marchĂ©, alors que de nombreux acteurs plaident pour une approche plus nuancĂ©e qui prendrait en considĂ©ration les spĂ©cificitĂ©s des produits Ă  base de CBD. La situation actuelle soulĂšve Ă©galement des questions sur la santĂ© publique, notamment en ce qui concerne l’utilisation du CBD, souvent perçue comme une alternative thĂ©rapeutique.

En somme, la dĂ©cision de la DGAL d’interdire les produits alimentaires au CBD Ă  partir du 15 mai pourrait avoir des consĂ©quences considĂ©rables sur la filiĂšre, mettant en pĂ©ril de nombreux acteurs du secteur tout en soulevant des dĂ©bats sur la rĂ©glementation en vigueur.