À Annecy, où le coût de la vie est particulièrement élevé, Franck, ébéniste de 44 ans, gère ses finances avec prudence. Avec un salaire net de 2 460 € par mois, il parvient à jongler entre ses responsabilités familiales et ses charges fixes, tout en se projetant vers l’avenir.
EN BREF
- Franck touche 2 460 € nets par mois, supérieur au salaire médian français.
- Ses charges fixes représentent 1 261 €, laissant une marge de 1 294 € pour les dépenses variables.
- Il prévoit d’économiser pour un voyage en Espagne avec son fils l’été prochain.
Franck travaille dans un atelier artisanal à Cran-Gevrier, une commune limitrophe d’Annecy, depuis maintenant vingt ans. Son employeur lui verse un salaire brut de 3 150 €, ce qui, après déductions, lui laisse 2 460 € nets. Ce montant est nettement supérieur à la moyenne des ouvriers qualifiés dans l’artisanat, qui se situe entre 1 900 et 2 100 €. L’ancienneté joue un rôle crucial dans son revenu actuel, puisqu’il a commencé sa carrière avec un salaire de 1 700 € nets. Aujourd’hui, il bénéficie d’une prime d’ancienneté de 180 € bruts, incluse dans son salaire.
En plus de son salaire, Franck reçoit 95 € par mois de pension alimentaire versée par la mère de son fils, ce qui porte ses revenus mensuels à 2 555 €. Cette somme doit couvrir toutes ses dépenses dans une ville où les loyers ont augmenté considérablement ces dernières années.
Acheté en 2017, son appartement de 68 m² à Seynod lui coûte 820 € par mois, charges de copropriété incluses. Comparativement, un locataire paierait aujourd’hui entre 950 et 1 050 € pour un bien similaire, ce qui témoigne de la bonne affaire qu’il a réalisée à l’époque. Ses charges fixes, totalisant 1 261 €, comprennent également d’autres dépenses incontournables.
Une gestion budgétaire rigoureuse
Malgré un revenu convenable, Franck se doit de gérer ses finances avec vigilance. Après avoir réglé ses charges fixes, il lui reste 1 294 € pour faire face à ses dépenses variables. Celles-ci varient selon les semaines, surtout lorsqu’il a son fils à la maison. En effet, il note que les courses peuvent atteindre 380 € lors des semaines où son fils est présent.
Franck se montre réaliste quant à son budget de sorties, qu’il décrit comme l’un des plus bas parmi ses amis. À Annecy, un repas en terrasse pour deux peut facilement atteindre 70 €, ce qui l’incite à limiter ses sorties. Sur le papier, il devrait pouvoir épargner entre 300 et 350 € par mois, mais la réalité est souvent différente. Des imprévus, comme des réparations d’électroménager ou des frais dentaires pour son fils, viennent souvent perturber son épargne.
Pour faire face à ces aléas, Franck a ouvert un Livret A, sur lequel il a actuellement 6 400 €, à raison de 150 € épargnés chaque mois. Son Plan d’Épargne Logement (PEL), ouvert en 2015, affiche un montant de 18 200 €, mais il n’y touche plus depuis trois ans, bien qu’il reconnaisse que le taux de 1,5 % est peu attractif.
Un avenir à construire
Le crédit immobilier de Franck court jusqu’en 2037, avec un capital restant dû d’environ 112 000 €. La valeur de son bien a augmenté, estimée aujourd’hui à 290 000 €, ce qui représente une plus-value latente de 55 000 €, qu’il n’envisage pas de réaliser pour le moment. En matière d’investissements, il n’a pas recours à la bourse ni à l’assurance-vie, ne se sentant pas assez informé pour valoriser ces options.
Son projet le plus cher est de partir en Espagne avec son fils l’été prochain, pour un budget total de 1 400 €. Pour cela, il économise 120 € par mois depuis janvier. Malgré son salaire qui se situe au-dessus du salaire médian français de 1 981 € nets, la cherté de la vie à Annecy rend son statut de classe moyenne difficile à vivre.
Franck, comme beaucoup d’autres, se retrouve à naviguer dans un quotidien où les bonnes intentions financières sont souvent mises à l’épreuve par les imprévus de la vie. Les défis qu’il rencontre sont le reflet des réalités économiques de nombreux Français qui, bien que bénéficiant d’un revenu correct, peinent à joindre les deux bouts.