À New York, une exposition unique a vu le jour, rassemblant l’ensemble des documents du dossier Epstein. L’Institute for Primary Facts a créé une bibliothèque éphémère, qui présente 3.437 volumes contenant environ 3,5 millions de pages, accessibles au public dans le quartier de Tribeca.
EN BREF
- 3,5 millions de pages du dossier Epstein exposées à New York
- Une bibliothèque éphémère ouverte jusqu’au 21 mai 2026
- Des messages de soutien aux victimes affichés par le public
Cette bibliothèque, nommée « salle de lecture commémorative Donald J. Trump et Jeffrey Epstein », permet aux visiteurs de prendre connaissance de l’ensemble des pièces rendues publiques par la justice. Accessible sur inscription, cette initiative vise à sensibiliser le public aux enjeux de la corruption et des abus de pouvoir aux États-Unis.
Le projet, porté par une petite association basée à Washington, se veut une réponse à la nécessité de rendre la vérité accessible. « La vérité est difficile à nier lorsqu’elle est imprimée et reliée pour être consultée », affirme l’association. En plus des volumes, une frise chronologique retrace les interactions entre Jeffrey Epstein, ancien financier et criminel sexuel, et Donald Trump, actuel président des États-Unis.
Cette exposition ne manque pas d’interroger les relations passées entre les deux hommes. En effet, Trump a longtemps été en contact avec Epstein dans les années 1990 au sein de la jet-set new-yorkaise. Le président a toujours affirmé avoir rompu avec Epstein avant que celui-ci ne fasse l’objet d’enquêtes judiciaires, clamant son ignorance des crimes sexuels qu’il a commis.
Un mémorial discret, situé derrière des rideaux, rend hommage aux victimes d’Epstein. Le public est également invité à participer en punaisant des mots sur un mur, exprimant leur indignation et leur solidarité. Des phrases telles que « On mesure une société à la façon dont elle traite ses victimes » ou « Sortez les dossiers, et sortez-le de son poste » sont visibles, témoignant de la volonté des visiteurs de faire entendre leur voix.
David Garrett, l’un des concepteurs de cette exposition, souligne l’importance d’éduquer le public sur la corruption et ses implications pour la démocratie. « Nous sommes une organisation pro-démocratie dont l’objectif est d’éduquer le public à travers ce type de musées éphémères », explique-t-il.
Il insiste sur la nécessité d’une véritable indignation publique face aux abus de pouvoir. « Ce que nous avons essayé de faire ici, c’est de susciter – ou d’aider à susciter – cette indignation », déclare-t-il.
La bibliothèque éphémère, qui a ouvert ses portes au début du mois, sera accessible jusqu’au 21 mai 2026. Cependant, l’accès aux ouvrages est restreint pour protéger certaines victimes, dont les noms n’ont pas toujours été masqués par les autorités. Seules certaines professions, comme les journalistes et les avocats, peuvent consulter ces documents.
Cette initiative soulève des questions sur la transparence et la justice, tout en offrant un espace aux victimes pour se faire entendre. À travers ces 3.500 volumes, l’Institute for Primary Facts espère éveiller les consciences et encourager une réflexion collective sur une affaire qui continue de hanter la société américaine.