Ce mardi 12 mai, la députée insoumise Sophia Chikirou comparaît devant le tribunal correctionnel de Paris pour escroquerie, un délit qui pourrait lui valoir jusqu’à cinq ans de prison et une amende de 375 000 euros. Cette nouvelle échéance judiciaire soulève des questions sur les implications politiques et médiatiques de l’affaire.
EN BREF
- Sophia Chikirou est jugée pour escroquerie liée à des tentatives de virement non abouties.
- Elle conteste les accusations, affirmant qu’il n’y a ni victime ni préjudice réel.
- Cette affaire fait écho à des tensions politiques et médiatiques autour de sa carrière.
Les accusations portées contre Sophia Chikirou remontent à l’été 2018. Elle est soupçonnée d’avoir tenté, à plusieurs reprises, de tromper la banque Crédit du Nord pour obtenir un virement de plus de 67 000 euros à son entreprise, Mediascop, une société de conseil en communication qu’elle avait cofondée. À l’époque, Chikirou n’était plus présidente de Le Média, un site d’actualité dont elle avait été l’un des fondateurs.
La députée, qui s’est aussi présentée à la mairie de Paris lors des dernières municipales, a exprimé son incompréhension face à ce procès. « Ce procès est à la fois incompréhensible, puisque qu’il n’y a ni victime, ni préjudice, ni même de réalité frauduleuse établie », a-t-elle déclaré. Sophia Chikirou espère que cette audience lui permettra de mettre un terme à ce qu’elle qualifie de harcèlement judiciaire et médiatique.
Le dossier fait également état d’une souscription frauduleuse de deux chèques du Média, dont les circonstances entourant leur soustraction sont contestées par l’accusée. La justice a évoqué « un commencement d’exécution » dans l’affaire, ce qui pourrait jouer un rôle crucial lors du procès.
Contexte judiciaire et politique
La comparution de Chikirou intervient dans un contexte délicat, marqué par des accusations de la part de l’accusation, qui soutient que la députée a tenté de se présenter comme présidente de Le Média à une époque où elle ne l’était plus. Ce passage a suscité des interrogations sur la gestion de l’entreprise et le rôle de Chikirou dans cette affaire.
Le procès arrive à un moment critique pour la députée, qui a dénoncé ce qu’elle considère comme une instrumentalisation politique. En janvier, elle avait qualifié cette affaire de « éminemment politique », arguant qu’elle visait à ternir son image et à nuire à sa campagne pour la mairie de Paris. Chikirou a en effet souligné que les deux sociétés impliquées avaient déjà trouvé un accord et mis fin à leurs différends depuis 2018.
Âgée de 46 ans, Sophia Chikirou est devenue une figure politique marquante. Elle a été impliquée dans les campagnes présidentielles de Jean-Luc Mélenchon en 2012 et 2017. Sa carrière politique a commencé à la fin des années 90, avant de passer par plusieurs formations politiques, dont le Parti socialiste et le Parti de gauche.
Des accusations persistantes
Il convient également de rappeler que Sophia Chikirou fait face à d’autres accusations. Elle est mise en examen depuis 2024 pour escroquerie aggravée en lien avec les comptes de campagne de 2017 de Jean-Luc Mélenchon. Des soupçons planent sur Mediascop, qui aurait surfacturé certaines prestations durant cette campagne, entraînant un préjudice pour l’État, puisque les dépenses sont remboursées au titre du financement public de la vie politique.
Ce procès de Sophia Chikirou, bien qu’il semble avant tout judiciaire, s’inscrit dans un cadre plus vaste de tensions politiques autour de son rôle et de ses actions en tant que députée. La décision qui sera rendue pourrait avoir des répercussions au-delà du simple cadre judiciaire, touchant à la perception publique et politique de la députée insoumise.