Un Tunisien de 27 ans a été mis en examen et placé en détention provisoire à Paris, soupçonné de vouloir mener une attaque d’inspiration jihadiste. Ce projet visait potentiellement un musée parisien ou des membres de la communauté juive, sans cible précise déterminée. L’homme aurait également envisagé de rejoindre les rangs de l’organisation terroriste État islamique.
EN BREF
- Un Tunisien suspecté de projet d’attaque jihadiste a été arrêté à Paris.
- Son enquête a révélé des vidéos de propagande et des recherches sur la fabrication d’explosifs.
- La menace jihadiste en France a augmenté depuis 2024, avec plusieurs attentats déjoués.
Selon le Parquet national antiterroriste (Pnat), l’individu, identifié comme Dhafer M., a été interpellé jeudi dernier dans le cadre d’une enquête préliminaire concernant une association de malfaiteurs terroriste. L’enquête a été confiée à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) et à la section antiterroriste de la brigade criminelle. Les premiers éléments de l’enquête ont été déclenchés par un contrôle de police dans le centre de Paris, où il circulait avec un faux permis de conduire.
Né à Djerba en 1999, Dhafer M. est arrivé en France en 2022 après un passage par Lampedusa, espérant y trouver du travail. Lors de son arrestation, il a été placé en garde à vue avant d’être transféré dans un centre de rétention administrative pour séjour irrégulier. Des analyses de son téléphone portable ont révélé un contenu alarmant, incluant des vidéos de propagande jihadiste et des centaines de photos d’armes.
Les investigations ont également mis en lumière des recherches inquiétantes sur des moteurs de recherche, comme des questions liées à la fabrication d’explosifs et à l’utilisation du TNT. Sur ses réseaux sociaux, il affichait une photo de profil représentant un combattant de l’État islamique. Une vidéo retrouvée sur son appareil le montre levant le doigt, un geste souvent associé à l’allégeance aux groupes jihadistes, tout en proférant des paroles comme « Allah Akbar ».
À l’issue de sa garde à vue, Dhafer M. a nié tout projet d’attentat. Cependant, le Pnat a requis son placement en détention provisoire et a demandé l’ouverture d’une information judiciaire pour permettre des investigations approfondies. L’avocat du suspect, Réda Ghilaci, n’a pas encore réagi publiquement à ces accusations.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de recrudescence de la menace jihadiste en France. Après une période de calme relatif entre 2021 et 2023, des attentats ont fait leur réapparition, avec trois attaques en 2025 ayant causé la mort de deux personnes. Sept autres tentatives d’attentats ont été déjouées grâce à l’intervention des autorités, illustrant une vigilance accrue face à cette menace persistante.
Le rapport du Pnat souligne une évolution inquiétante dans le profil des individus impliqués dans ces projets, mentionnant une autonomisation des auteurs, qui ne sont pas toujours affiliés à des organisations terroristes. Ce phénomène touche particulièrement les jeunes adultes et les mineurs, affichant une flexibilité idéologique qui complique les efforts de prévention.
Dans un incident connexe, un adolescent de 15 ans a été arrêté en avril dans le Rhône pour avoir envisagé une action violente contre les communautés juive et homosexuelle, affirmant sa volonté de mourir en martyr. Ce type de profil et de motivation témoigne d’un changement de paradigme dans la radicalisation des jeunes en France.
Face à cette menace croissante, il est impératif que les autorités continuent d’agir avec diligence pour prévenir d’éventuels projets d’attaques. La vigilance collective et les efforts de renseignement demeurent des éléments cruciaux pour contrer cette dynamique alarmante.