Un tragique incendie survenu ce lundi matin, 11 mai 2026, dans un immeuble résidentiel à Décines-Charpieu, en banlieue de Lyon, a fait trois morts. Les enquêteurs examinent la possibilité d’un règlement de comptes entre narcotrafiquants dans un quartier déjà marqué par des actes de violence.
EN BREF
- Trois personnes périssent dans un incendie criminel à Décines-Charpieu.
- Des départs de feu multiples laissent envisager un lien avec le narcotrafic.
- Un couvre-feu pour les mineurs a été instauré pour faire face à la violence croissante.
Les premiers foyers ont été signalés vers 07H30 dans un immeuble de sept étages situé dans le quartier populaire du Prainet. Selon Antoine Guérin, préfet du Rhône délégué à la sécurité, des bonbonnes de gaz de 13 kg ont été retrouvées aux 2e et 4e étages, suggérant un acte délibéré. Les caméras de vidéo-protection ont enregistré deux individus en tenue sombre quittant les lieux sur une trottinette peu après le début de l’incendie.
Un homme de 29 ans a perdu la vie en sautant du septième étage alors que les pompiers intervenaient. Deux autres résidents ont été découverts décédés après que le feu ait été maîtrisé. Quatorze personnes, exposées aux fumées, ont été évacuées vers l’hôpital, tandis qu’une quarantaine d’autres ont été accueillies dans un gymnase voisin.
Ce sinistre, qui a mobilisé plus de 80 sapeurs-pompiers, a profondément choqué les habitants de la commune. La maire de Décines-Charpieu, Laurence Fautra, a réagi en imposant un couvre-feu pour les mineurs, en réponse à la montée des actes d’intimidation, dont des tirs d’armes à feu et des incendies récents.
“Les pompiers ont cassé la porte de chez moi, on était les derniers à sortir”, raconte un jeune homme de 18 ans, sous couvert d’anonymat. Une voisine, traumatisée, partage son indignation : “C’était choquant”. Ces témoignages révèlent la peur ambiante dans ce quartier déjà en proie à des violences liées au narcotrafic.
Le parquet de Lyon a ouvert une enquête pour homicide volontaire en bande organisée, confiée à la division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS). Le procureur de Lyon, Thierry Dran, a précisé que toutes les pistes, y compris celle criminelle, étaient explorées. L’hypothèse d’un conflit entre trafiquants de drogue est particulièrement examinée.
“Il y a eu des guerres de territoire sur Lyon ces derniers jours”, a déclaré Antoine Guérin, soulignant la tension croissante dans la région. Des incidents violents, comme des incendies criminels et des tirs d’armes à feu, se sont multipliés ces dernières semaines, aggravant la situation déjà délicate du quartier.
Le 24 avril, une femme a été blessée par une balle perdue dans une fusillade survenue près du même quartier. Laurence Fautra a alors appelé à une intervention renforcée des forces de l’ordre pour faire face à la montée de la violence. Ce lundi, elle a réclamé l’instauration de l’état d’urgence pour le Prainet.
La préfète du Rhône a également annoncé le déploiement de renforts policiers, comprenant deux compagnies de CRS et des effectifs des polices nationale, départementale et municipale. Les résidents, qui témoignent d’une insécurité croissante, s’inquiètent pour leur sécurité.
“Avant, les trafiquants cramaient des voitures, maintenant ils mettent en danger tout un immeuble”, déplore une habitante de 65 ans. Les ressentis des riverains, qui vivent dans la peur quotidienne, témoignent d’une réalité alarmante où les victimes collatérales des violences sont souvent les innocents.
Ce drame rappelle un incendie survenu en décembre 2022 à Vaulx-en-Velin, qui avait causé la mort de dix personnes, dont quatre enfants. Ce sinistre avait également été lié à un point de deal. La violence croissante observée dans la région nécessite une réponse rapide et efficace des autorités pour protéger les citoyens.