Le parquet général demande la condamnation de Sarkozy au procès libyen

Le procès de Nicolas Sarkozy, ancien président de la République, prend une tournure décisive. Le parquet général a requis, ce mardi, une condamnation intégrale à son encontre pour l’ensemble des faits qui lui sont reprochés dans le cadre de l’affaire libyenne. Ces accusations incluent la corruption et le financement illégal de sa campagne présidentielle de 2007, des chefs pour lesquels il avait été relaxé lors de son procès en première instance.

EN BREF

  • Le parquet général exige la condamnation de Nicolas Sarkozy au procès libyen.
  • Sarkozy est accusé d’avoir conclu un accord avec Kadhafi en échange de fonds libyens.
  • Une peine ferme de sept ans de prison avait été demandée par le parquet lors du premier jugement.

Ce réquisitoire a été présenté par l’avocat général, Damien Brunet, qui a affirmé qu’un accord existait entre Sarkozy et le dictateur libyen Mouammar Kadhafi. En contrepartie des fonds versés par le régime libyen, Sarkozy, accompagné de Claude Guéant, devait œuvrer pour la levée du mandat d’arrêt visant Abdallah Senoussi, beau-frère de Kadhafi, recherché par la justice française.

Lors de son procès en première instance tenu en 2025, le parquet national financier avait déjà requis la condamnation de Sarkozy sur quatre chefs d’accusation. À l’issue d’un long délibéré, l’ex-président avait été relaxé sur trois des quatre chefs et reconnu coupable uniquement d’association de malfaiteurs, ce qui lui avait valu une peine de cinq ans de prison ferme.

Dans une intervention particulièrement incisive, le parquet général a plaidé en faveur d’une révision de la décision des juges de première instance. L’accusation a insisté sur le fait que Sarkozy, aujourd’hui âgé de 71 ans, aurait agi en tant que dépositaire de l’autorité publique, contredisant ainsi l’argumentation de la défense selon laquelle ses actions relevaient de son statut de candidat à l’élection présidentielle.

Pour illustrer ses propos, l’avocat général a mis en lumière des virements bancaires effectués en 2006, totalisant environ 6 millions d’euros, vers des comptes appartenant à Ziad Takieddine, un intermédiaire proche de l’ancien président. Ces virements faisaient suite à des rencontres secrètes entre Claude Guéant, Brice Hortefeux et Abdallah Senoussi en Libye.

Le parquet a également évoqué le cas d’Abdallah Senoussi, reconnu coupable de l’attentat du DC-10 d’UTA qui avait causé la mort de 170 personnes, dont 54 Français. Ce dernier est sous le coup d’un mandat d’arrêt international depuis 1999, ce qui renforce l’importance de l’accord supposé entre Sarkozy et Kadhafi.

Les procureurs soutiennent que le souhait de Kadhafi était que Senoussi puisse circuler librement dans le monde, et que cela représentait une obsession pour le dictateur libyen. Le parquet général a aussi plaidé pour la déclaration de culpabilité de Sarkozy concernant le financement illégal de sa campagne électorale de 2007, soutenant que les comptes de campagne avaient été utilisés comme un « réceptacle occultant » pour des actions corruptives avec le régime libyen.

Dans la conclusion de son réquisitoire, l’accusation a exhorté les juges à reconnaître que des fonds publics libyens avaient été utilisés pour financer les ambitions politiques de Sarkozy, tout en dénonçant les stratagèmes mis en place pour dissimuler ces malversations. Ce dossier, complexe et chargé d’implications politiques, continue de se dévoiler alors que les peines seront demandées mercredi en fin de journée.