Affaire Luc Besson : un ADN relance l’enquête sur les accusations de viol

Le réalisateur français Luc Besson, connu pour ses œuvres emblématiques comme Le Grand Bleu et Léon, se retrouve à nouveau sous le feu des projecteurs judiciaires. En effet, après plusieurs rebondissements dans une affaire qui dure depuis 2018, une nouvelle découverte vient d’ébranler les certitudes des précédentes décisions de justice. Le parquet général de la cour d’appel de Paris a demandé la réouverture de l’enquête suite à la révélation de la présence d’ADN de Besson sur un sous-vêtement de la plaignante, Sand Van Roy.

EN BREF

  • Un ADN de Luc Besson retrouvé sur un sous-vêtement relance l’enquête.
  • La chambre de l’instruction se prononcera le 2 juin 2026 sur la réouverture de l’affaire.
  • Les avocats de la plaignante dénoncent des erreurs d’expertise antérieures.

Cette affaire a débuté le 18 mai 2018, lorsque Sand Van Roy a porté plainte contre le réalisateur, l’accusant de viols et d’agressions sexuelles. Dans un contexte décrit comme une « relation d’emprise professionnelle », plusieurs non-lieux avaient été prononcés, laissant entendre que la justice ne donnerait pas suite aux accusations. Pourtant, l’analyse récente du sous-vêtement de la plaignante, effectuée par un laboratoire néerlandais, a mis en lumière la présence d’ADN de Besson, un élément jugé « nouveau » et « significatif » par le parquet.

Le parquet général a donc relancé l’affaire en soulignant que cet élément pourrait caractériser des charges nouvelles justifiant une réouverture de l’information. La chambre de l’instruction a prévu de se prononcer le 2 juin 2026 sur cette requête. Cette décision pourrait s’avérer déterminante, tant pour Luc Besson que pour Sand Van Roy.

Il est important de rappeler que jusqu’à présent, la défense du cinéaste a remporté tous les batailles judiciaires : un non-lieu en décembre 2021, confirmé par la cour d’appel en mai 2022 et par la Cour de cassation en juin 2023. Cependant, cette fois, les résultats d’une expertise scientifique apportent une nouvelle dimension à la procédure, ce qui provoque une tension palpable au sein de l’institution judiciaire.

Les avocats de Sand Van Roy affirment que « l’ADN du mis en cause a été formellement retrouvé sur la partie postérieure » du sous-vêtement, et critiquent l’absence d’une expertise adéquate au cours de l’enquête initiale. Ils qualifient cette omission de « fait matériel capital ignoré », soulignant l’importance de la prise en compte de ces éléments dans le cadre de la justice.

L’affaire Besson-Van Roy, qui a suscité de nombreuses réactions dans le milieu médiatique, devient un révélateur des tensions existantes autour des questions de consentement et de pouvoir dans l’industrie cinématographique française. La réaction du parquet général face à ces nouvelles preuves pourrait annoncer un tournant dans cette saga judiciaire, à quelques semaines d’une audience qui s’annonce cruciale.

Depuis le dépôt de la plainte, l’affaire a été marquée par des obstacles multiples. Sand Van Roy a également dénoncé d’autres épisodes de violences présumées, évoquant une relation d’emprise. La justice, quant à elle, a rejeté à plusieurs reprises les accusations, ce qui a alimenté un climat de scepticisme autour des plaintes formulées.

Luc Besson, de son côté, a reconnu avoir eu une relation extraconjugale avec Van Roy, mais il conteste toute forme de contrainte, la décrivant comme un rapport « consenti » et « empreint de douceur ». Il a également déclaré ne pas se souvenir de certains faits dénoncés par la plaignante. Ses avocats rappellent que la justice a statué à quatre reprises en faveur de son innocence.

La décision attendue le 2 juin 2026 pourrait non seulement influer sur l’avenir de Luc Besson, mais aussi sur la perception de la justice face aux accusations de violences sexuelles dans le cadre du mouvement #MeToo en France. Ce dossier, déjà très médiatisé, pourrait connaître un nouveau chapitre déterminant, alors que les enjeux de pouvoir et de responsabilité continuent de diviser l’opinion publique.