Sept ans de réclusion requises contre Nicolas Sarkozy dans l’affaire du financement libyen

Le procès en appel de Nicolas Sarkozy, ancien président de la République, a pris une tournure particulièrement sévère. Jugé pour le financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007, il a été confronté à trois jours de réquisitoire accablant, les 11, 12 et 13 mai derniers. Le parquet a requis, ce mercredi, une peine de sept ans de prison, ainsi qu’une amende de 300 000 euros, des sanctions identiques à celles demandées lors de la première instance.

EN BREF

  • Le parquet a requis sept ans de prison contre Nicolas Sarkozy.
  • Accusations de corruption et financement illégal de campagne.
  • La décision finale sera rendue le 30 novembre prochain.

Ces réquisitions n’ont toutefois pas surpris, tant l’accusation avait préparé le terrain. Damien Brunet, l’un des trois avocats généraux, a méthodiquement démonté la défense de Sarkozy, plaidant pour sa condamnation sur tous les chefs d’accusation, y compris la corruption, le recel de détournements de fonds publics et le financement illégal de campagnes électorales. Ce dernier chef d’accusation, ainsi que celui d’association de malfaiteurs, avait déjà conduit Sarkozy à une condamnation en première instance.

Nicolas Sarkozy a déjà connu l’incarcération dans cette affaire, ayant été condamné à cinq ans de prison dans un autre dossier. La date du 30 novembre sera cruciale, car elle marquera la décision du tribunal sur son avenir judiciaire. En cas de nouvelle condamnation, il aura la possibilité de se pourvoir en cassation.

Pour l’accusation, la culpabilité de l’ancien président ne fait aucun doute, même si celui-ci a tenté de se présenter comme une victime, affirmant avoir été pris au piège. En rejetant la responsabilité sur ses proches, notamment Claude Guéant, il a créé des incohérences dans ses déclarations. Les avocats généraux ont insisté sur le fait que ce second procès a révélé un Nicolas Sarkozy agissant en tant qu’« instigateur » d’un pacte de corruption avec les dirigeants libyens.

Les allégations portées contre lui sont graves. Selon le parquet, il aurait orchestré des tractations qui ont compromis le financement de l’élection présidentielle de 2007, en obtenant six millions d’euros du régime libyen, en échange de l’abandon des poursuites judiciaires contre Abdallah Senoussi, condamné pour l’attentat du DC-10 d’UTA en 1989, qui a causé la mort de 170 personnes, dont 54 Français. L’avocat général a déclaré que Nicolas Sarkozy avait fait de ses comptes de campagne « le réceptacle occultant de ses actions corruptrices ».

Malgré ces accusations graves, l’ancien président a continué de nier toute malversation. Il est déjà condamné dans deux autres affaires, celles des écoutes et de Bygmalion. Néanmoins, l’issue de ce procès libyen est d’une importance capitale, tant sur le plan symbolique qu’au niveau judiciaire, compte tenu des peines encourues.

Le procès est prévu de se poursuivre pour encore deux semaines, durant lesquelles les avocats de la défense de Nicolas Sarkozy et de ses neuf coaccusés auront l’occasion de plaider leur cause. Les conseils de l’ancien président sont convaincus de pouvoir prouver son innocence et de démontrer que son élection n’a pas été influencée par des pratiques illicites. Il est certain que Nicolas Sarkozy a beaucoup à perdre dans cette affaire.