Mehdi Kessaci : des enquêteurs confirment une erreur de cible dans son assassinat

Les circonstances autour de l’assassinat de Mehdi Kessaci, survenu en novembre dernier à Marseille, prennent une tournure inattendue. Des sources proches de l’enquête ont révélé que les criminels qui ont abattu le jeune homme de 20 ans visaient en réalité son frère, Amine Kessaci, un militant écologiste actif dans la lutte contre le narcotrafic.

EN BREF

  • Mehdi Kessaci a été tué par erreur, son frère Amine étant la cible visée.
  • Les enquêteurs poursuivent plusieurs pistes, dont celle de la DZ Mafia.
  • Le contrat de l’assassinat aurait été évalué à 100 000 euros pour le tireur.

Ce constat a été confirmé ce mercredi par une source ayant requis l’anonymat, qui explique que l’erreur d’identité a été causée par un numéro de téléphone attribué à Amine Kessaci, mais utilisé par son jeune frère. Ce numéro aurait été communiqué par les commanditaires de l’assassinat, dont l’identité reste à ce jour inconnue.

Des investigations antérieures avaient déjà mis en lumière cette possibilité. En avril, une autre source avait mentionné à l’AFP que cette piste était explorée par les enquêteurs, bien qu’elle ne fût pas considérée comme privilégiée. Néanmoins, les récentes avancées semblent avoir renforcé cette hypothèse.

Une affaire complexe

Le meurtre de Mehdi Kessaci a eu lieu le 13 novembre 2025, en plein après-midi dans une rue animée de Marseille. Sa mort a provoqué une onde de choc dans la communauté, notamment parce qu’il était étranger au trafic de drogue et n’avait jamais eu de démêlés avec la justice. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, avait qualifié ce crime d’intimidation, indiquant qu’il constituait un « véritable point de bascule » dans la lutte contre la violence liée au narcotrafic.

Quatre mois après ce drame, dix personnes, dont huit hommes et deux femmes, ont été arrêtées dans la région marseillaise et dans l’Hérault, soupçonnées d’avoir participé à la logistique de l’assassinat. Ces individus sont actuellement en garde à vue, et le dossier est pris en charge par le parquet national anti-criminalité organisée (PNACO), récemment créé.

Un passé tragique

La famille Kessaci n’est pas étrangère à la violence liée au narcobanditisme. En 2020, Brahim Kessaci, le grand frère de Mehdi, avait été retrouvé mort dans des circonstances similaires, son corps étant carbonisé. Amine Oualane, un chef présumé de la DZ Mafia, actuellement incarcéré, doit être jugé cet automne pour ce meurtre et est également considéré comme un suspect potentiel dans l’assassinat de Mehdi.

Selon des informations rapportées par Le Monde, le contrat pour l’assassinat de Mehdi Kessaci aurait été fixé à 100 000 euros pour le tireur. Bien que cette estimation ait été confirmée par une source proche du dossier, aucun chiffre précis n’a été divulgué. Le quotidien a également affirmé qu’il y avait deux équipes en concurrence pour réaliser ce contrat, mais cette information n’a pas été confirmée par les sources officielles.

En réponse à la divulgation de ces détails, les avocats d’Amine Kessaci ont déposé une plainte pour violation du secret de l’instruction. Cette affaire met en lumière l’ampleur de la violence liée au narcotrafic à Marseille, où 17 personnes ont perdu la vie en 2025, un chiffre en baisse par rapport aux années précédentes, mais qui témoigne de la persistance de ce phénomène tragique.

Alors que les enquêteurs continuent de démêler les fils de cette affaire complexe, la communauté reste en émoi face à la brutalité de cet acte et aux implications qu’il soulève quant à la lutte contre le narcotrafic dans la région.