Les investigations concernant Fabrice Leggeri, eurodéputé du Rassemblement national (RN) et ancien directeur de l’agence de l’Union européenne Frontex, ont été officiellement ouvertes au tribunal judiciaire de Paris. Cette décision fait suite à des accusations de complicité de crimes contre l’humanité, révélées par des sources proches du dossier.
EN BREF
- Fabrice Leggeri accusé de complicité de crimes contre l’humanité et de torture.
- Les enquêtes ont été ordonnées par la cour d’appel de Paris après un long parcours judiciaire.
- Accusations liées à son rôle à Frontex, notamment pour avoir facilité des refoulements de migrants.
La décision de lancer l’information judiciaire a été prise après une longue procédure, comme l’a indiqué l’AFP. Les accusations portées contre M. Leggeri, selon l’avocat des plaignants Me Emmanuel Daoud, évoquent une « chasse aux migrants » orchestrée durant son mandat à la tête de Frontex, de janvier 2015 à avril 2022.
En réponse à ces accusations, la défense de Fabrice Leggeri a qualifié le lancement des investigations de « mécanique », soulignant que la décision avait été annoncée par la presse avant qu’ils ne soient informés. Ils attendent désormais d’évaluer les résultats de cette information judiciaire avant de faire d’autres commentaires.
Un parcours controversé à Frontex
Fabrice Leggeri a dirigé Frontex, l’agence européenne de contrôle des frontières, pendant plusieurs années, période durant laquelle il a été fréquemment critiqué par des organisations non gouvernementales (ONG). Ces dernières l’accusent d’avoir toléré des refoulements illégaux de migrants, prenant ainsi une position ferme en faveur d’une politique d’imperméabilité des frontières européennes.
En 2024, il a rejoint le Rassemblement national, étant le numéro trois sur la liste du parti pour les élections européennes. Ce changement de cap politique a suscité des interrogations sur ses motivations et sur la politique migratoire qu’il a soutenue pendant son mandat à Frontex.
Plainte et ouverture d’enquête
Une plainte déposée en 2024 par la Ligue des droits de l’homme et Utopia 56 dénonçait ses actions, mais a d’abord été jugée irrecevable par le Parquet national antiterroriste, qui est chargé des affaires de crimes contre l’humanité. Ce n’est qu’en mars 2026 que la chambre de l’instruction a décidé qu’il y avait lieu d’informer sur les faits issus de cette plainte.
Les accusations stipulent que M. Leggeri aurait encouragé ses agents à faciliter les interceptions effectuées par les autorités libyennes et grecques, contribuant ainsi à des violations des droits des migrants. Il est reproché à M. Leggeri d’avoir mis en place une politique visant à empêcher l’entrée de migrants dans l’Union européenne, et ce, « quel qu’en soit le prix – en vies humaines notamment ».
Cette affaire soulève des questions cruciales sur la responsabilité des acteurs politiques dans les politiques migratoires européennes et sur les conséquences de ces décisions sur la vie des migrants. Avec l’ouverture de cette enquête, les prochaines étapes du processus judiciaire seront scrutées de près, tant par le public que par les organisations de défense des droits de l’homme.
Dans un contexte où les droits des migrants sont de plus en plus au cœur des débats, l’évolution de cette affaire pourrait avoir des répercussions significatives sur la perception des politiques migratoires au sein de l’Union européenne.