Laëtitia témoigne au procès de son ex-compagnon accusé de viols et proxénétisme

Le procès d’un directeur de banque de 52 ans, jugé à Dignes-les-Bains, met en lumière des faits tragiques. À partir de ce lundi 18 mai, il doit répondre de graves accusations de proxénétisme, de viols aggravés et d’actes de torture. Laëtitia, 42 ans, son ex-compagne, se tient à ses côtés en tant que principale plaignante, espérant que son témoignage ouvrira la voie à d’autres victimes.

EN BREF

  • Un directeur de banque accusé de proxénétisme et de viols, jugé jusqu’au 22 mai.
  • Laëtitia témoigne après sept ans de violences et de prostitution forcée.
  • Elle espère que son récit encouragera d’autres victimes à se manifester.

Laëtitia évoque un parcours de souffrances, marqué par des violences physiques et psychologiques. Pendant sept ans, elle a été soumise à des abus constants de la part de son compagnon. Elle raconte comment il l’a frappée, violée et finalement contrainte à se prostituer, livrée à des centaines d’hommes. « Ce sont des hommes qui sont recrutés pour lui infliger des rapports sexuels extrêmes », explique son avocat, Maître Philippe-Henry Honegger.

Les témoignages de Laëtitia révèlent un quotidien infernal, où la menace et la violence régnaient. Sous la pression constante de son compagnon, elle a subi des actes de torture. Son avocat décrit les menaces qu’elle recevait : « On vous dit ‘fait ça, et si tu ne le fais pas, je vais te tuer’ ». Ces mots, lourds de sens, illustrent l’emprise qu’il avait sur elle.

Ce n’est qu’en 2022, avec le soutien d’une amie, qu’elle a trouvé la force de porter plainte. Aujourd’hui, elle se présente devant la cour d’assises, déterminée à raconter son histoire. Inspirée par le procès de Gisèle Pélicot, dont le récit a également marqué les esprits, Laëtitia a refusé le huis clos, souhaitant que son témoignage soit entendu publiquement.

« Si pour une seule femme, que son exemple à elle puisse aider », déclare Laëtitia. Elle espère que son courage incitera d’autres victimes à se libérer du silence. Son avocat souligne l’importance de ce procès, non seulement pour elle, mais pour toutes celles qui ont souffert en silence.

L’accusé, en détention provisoire depuis quatre ans, risque la réclusion criminelle à perpétuité. Il maintient que Laëtitia a toujours été consentante, une assertion qui conteste la réalité de son vécu. Les séquelles laissées sur Laëtitia sont profondes, engendrant des problèmes de santé tels que l’incontinence, la maladie de Crohn, et un syndrome post-traumatique complet.

Ce procès, qui se déroule jusqu’au vendredi 22 mai, représente bien plus qu’un simple jugement. Il s’agit d’un moment crucial dans la lutte contre la violence faite aux femmes et l’impunité des agresseurs. Laëtitia, par son témoignage, espère briser le cycle du silence et rappeler à toutes les victimes qu’elles ne sont pas seules.