Bruno Lafont, ancien PDG de Lafarge, et Christian Herrault, son ex-directeur général adjoint, ont sollicité leur libération conditionnelle devant la cour d’appel de Paris. Incarcérés depuis avril 2026 pour financement du terrorisme, ils contestent leur détention après avoir été condamnés à six et cinq ans de prison ferme respectivement.
EN BREF
- Bruno Lafont et Christian Herrault ont demandé leur mise en liberté conditionnelle.
- Le parquet général soutient leur requête, la décision sera rendue le 26 mai.
- Ils ont été condamnés pour avoir financé des groupes jihadistes en Syrie.
Les deux hommes, âgés de 69 et 75 ans, ont été condamnés pour avoir versé près de 5,6 millions d’euros à des groupes armés en Syrie entre 2013 et 2014, via Lafarge Cement Syria. Cette somme visait à maintenir l’activité d’une cimenterie à Jalabiya. La condamnation a été prononcée lors d’une audience au tribunal correctionnel de Paris, le 13 avril dernier, où tous les prévenus, y compris l’entreprise Lafarge elle-même, ont fait appel.
Le parquet général a appuyé la demande de libération conditionnelle, soulignant que la détention provisoire doit être l’exception et non la règle. L’avocat général, Frédéric Bernardo, a rappelé que chaque individu est présumé innocent tant qu’il n’est pas définitivement condamné. Les avocats de Lafont et Herrault ont également plaidé pour leur mise en liberté, arguant que la détention actuelle ne respecte pas les critères appropriés.
Lors de son apparition en visio-conférence, Bruno Lafont, vêtu d’un pull blanc et d’une polaire grise, a exprimé son respect pour les conditions de la justice. Il a affirmé : « J’ai mon honneur à défendre et j’y tiens comme quelque chose d’absolument primordial. » Son avocate, Jacqueline Laffont, a qualifié leur incarcération de « décision particulièrement choquante », rapportant que Lafont est entré en prison sans aucun effet personnel.
Les deux hommes partagent actuellement la même cellule, ce qui a soulevé des préoccupations au sujet de la possibilité d’interactions entre eux. Le parquet a requis que le contrôle judiciaire leur interdise de communiquer, une demande qui a été contestée par l’avocate de Christian Herrault. Elle a fait remarquer que les deux hommes ont déjà partagé une « grande intimité » durant leur détention, et a questionné la cohérence du système judiciaire face à cette situation.
La décision de la cour d’appel est attendue pour le 26 mai. D’ici là, le sort de ces deux figures emblématiques de l’industrie française reste incertain. Leur appel sera également examiné dans les mois à venir, et la question de leur responsabilité dans cette affaire délicate continue de susciter des débats au sein des cercles juridiques et médiatiques.