À Quimper, Gaëlle, 38 ans, exerce le métier de professeure des écoles depuis douze ans. Mère célibataire d’un garçon de 7 ans, elle perçoit un salaire net de 2 190 € par mois. Au-delà des chiffres, son quotidien financier révèle des réalités parfois éloignées des attentes. Voici un aperçu de la manière dont elle gère son budget, tout en faisant face à des imprévus.
EN BREF
- Gaëlle, professeure à Quimper, gagne 2 190 € nets par mois.
- Ses charges fixes s’élèvent à 966 €, représentant presque la moitié de son salaire.
- Elle parvient à épargner un peu, mais fait face à des contraintes budgétaires importantes.
Professeure à l’échelon 8, Gaëlle dispose d’un traitement de base d’environ 2 050 €, auquel s’ajoute une indemnité de suivi et d’accompagnement des élèves (ISAE) de 100 €. En tant que parent isolé, elle bénéficie également d’allocations familiales, dont l’allocation de soutien familial (ASF) de 195 €, ainsi qu’une aide personnalisée au logement (APL) de 140 €. Ce qui lui permet d’atteindre un budget total de 2 525 € chaque mois.
Cependant, cette somme, bien que supérieure au salaire médian français, ne reflète pas la réalité de ses dépenses. Son loyer pour un T3 de 62 m² dans le quartier de Kerfeunteun s’élève à 620 € par mois, soit 28 % de son salaire net. Avec l’APL, la dépense réelle se réduit à 480 €, mais Gaëlle avoue : « Sans l’APL, je ne sais pas comment je ferais tourner la machine. »
Les charges fixes de Gaëlle se répartissent comme suit : l’assurance habitation à 28 €, la mutuelle santé à 45 € après participation de l’employeur, et une surcomplémentaire santé pour son fils à 19 €. En ce qui concerne les transports, elle possède une Renault Clio de 2017, avec une assurance auto à 52 € et des frais de carburant atteignant 110 € par mois.
Ses abonnements mensuels incluent un forfait mobile à 16 €, une box Internet à 31 €, ainsi qu’un abonnement Netflix à 6 € et un abonnement Spotify famille à 9 €, partagés avec des proches. L’assurance scolaire de son fils ajoute 3 €, tandis que son impôt sur le revenu, prélevé à la source, s’élève à 72 €. Enfin, la cantine de son fils coûte 65 € chaque mois.
En totalisant toutes ces charges fixes, Gaëlle atteint 966 € de dépenses, soit presque la moitié de son salaire net. Pourtant, le véritable défi se situe dans ses dépenses variables. Les courses alimentaires, par exemple, représentent un poste de dépenses particulièrement important, s’élevant à 420 € par mois. « Je fais des batch cooking le dimanche. Pas par passion, par nécessité », souligne-t-elle.
Les frais de transport pèsent également sur son budget, avec un coût total de 162 € par mois, incluant l’entretien de la voiture. Les loisirs et sorties sont les postes qu’elle compresse le plus, se permettant un restaurant par mois à 25 €, et des activités pour son fils à 35 € pour le judo. « Le judo, c’est non négociable. Il adore ça », précise-t-elle.
Le shopping pour elle et son fils tourne autour de 60 € mensuels, souvent privilégié dans des magasins de seconde main. Les fournitures scolaires, un coût invisible pour de nombreux enseignants, s’ajoutent à sa liste de dépenses à hauteur de 30 € par mois. « Les profs paient de leur poche une partie du matériel », déplore-t-elle.
Gaëlle parvient à mettre de côté 200 € par mois sur son Livret A, mais avoue que cela représente à peine trois mois de loyer. « Le jour où la voiture lâche, tout s’écroule », déclare-t-elle. En plus, elle alimente une assurance-vie à hauteur de 50 € mensuels, mais ne dispose que de 419 € restants pour faire face aux imprévus.
Pour arrondir ses fins de mois, elle donne parfois des cours de soutien, mais cela reste sporadique. « En juin, plus personne ne veut de soutien scolaire. En septembre, tout le monde rappelle », constate-t-elle. Gaëlle précise : « Je ne me plains pas, il y a bien pire. Mais quand vous avez un bac +5, douze ans de carrière, et que vous comptez les yaourts au supermarché, vous vous demandez si le contrat est respecté. »
Au final, malgré un salaire qui semble convenable, la gestion du quotidien et les contraintes budgétaires de Gaëlle témoignent de la réalité d’un métier passionnant, mais souvent mal rétribué au regard des efforts fournis.