Deux animateurs du périscolaire de l’école Saint-Dominique à Paris ont été écroués vendredi dernier, soupçonnés de violences sexuelles sur des enfants. Une animatrice, en revanche, a été placée sous le statut de témoin assisté, marquant ainsi une évolution dans cette affaire qui soulève de vives inquiétudes parmi les parents d’élèves et dans le milieu politique.
EN BREF
- Deux animateurs mis en examen pour des faits de violences sexuelles sur une vingtaine d’enfants.
- Une animatrice a été placée sous le statut de témoin assisté.
- Des parents d’élèves expriment leur colère face à la gestion de la situation par les institutions.
Selon le parquet, l’information judiciaire ouverte porte sur des faits graves, impliquant une vingtaine d’enfants. Les deux animateurs, âgés de 52 et 44 ans, sont originaires du Brésil et du Cameroun, respectivement. Lors de leur comparution devant une juge des libertés et de la détention, le premier, un père de famille à l’apparence tranquille, a écouté les accusations portées contre lui par l’entremise d’un interprète.
Les charges retenues à son encontre incluent des accusations de viol et d’agression sexuelle sur des mineurs de moins de 15 ans. Ses avocats, Sophie Guinamant et Gianni de Georgi, ont appelé à la prudence, soulignant qu’un emballement médiatique pourrait conduire à des erreurs graves. Ils ont affirmé que leur client a confiance en la justice pour établir son innocence.
Le second animateur, quant à lui, est accusé d’agression sexuelle sur plusieurs périodes, ainsi que d’exhibition sexuelle devant des enfants. Ses avocates, Raphaëlle Varaut et Clémentine Berthier, ont également exprimé des doutes quant aux preuves contre leur client, affirmant qu’aucun élément objectif ne soutient les accusations.
Les parents d’élèves, réunis au sein du collectif « Les petits héros de Saint-Do », ont fait part de leur indignation face à la situation. Ils ont exprimé leur fierté pour le courage de leurs enfants qui ont dénoncé les abus, tout en accusant les institutions de ne pas avoir pris les signaux d’alerte au sérieux. « Des signaux existaient, ils ont été cachés aux parents », ont-ils déclaré dans un communiqué.
Cette affaire a également conduit à l’audition de 44 enfants par la Brigade de protection des mineurs, et « une vingtaine » ont été désignés comme victimes. Toutefois, il a été rapporté que d’autres plaintes ont été écartées, souvent en raison d’un manque de désignation des agresseurs par les enfants concernés.
Mercredi, 13 autres personnes avaient été interpellées, mais ont été relâchées faute de charges suffisantes. L’enquête continue d’évoluer, notamment avec la mise en cause d’une animatrice qui a été placée sous le statut de témoin assisté. Julien Roelens, avocat représentant la famille d’un enfant victime, a exprimé sa détermination à voir tous les responsables tenus pour coupables.
Cette situation s’inscrit dans un contexte plus large, où des enquêtes concernant des violences présumées dans les accueils périscolaires se multiplient à Paris. Selon le parquet, une centaine d’enquêtes touchent les écoles maternelles, une vingtaine les écoles primaires et une dizaine les crèches.
En réponse à ces événements, le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a salué une « accélération des enquêtes » et a annoncé la mise en place d’un plan d’action de 20 millions d’euros pour le périscolaire, considéré comme une priorité absolue de son mandat. Cet engagement témoigne de la volonté des autorités de répondre à cette crise et de garantir la sécurité des enfants dans les établissements scolaires parisiens.