Le Festival du 1er film de La Ciotat, qui se déroulera en juin, a annoncé que l’acteur Gérard Darmon ne présidera pas son jury. Cette décision survient à la suite de critiques formulées par des associations féministes, qui ont dénoncé le choix de l’acteur en raison d’accusations de violences sexistes et sexuelles rapportées dans la presse.
EN BREF
- Gérard Darmon renonce à présider le jury du Festival du 1er film de La Ciotat.
- Des accusations de violences sexistes et sexuelles ont été portées contre lui par neuf femmes.
- Jean-Pierre Améris lui succédera à la présidence du jury.
Les accusations à l’encontre de Gérard Darmon ne sont pas nouvelles. Fin 2024, l’hebdomadaire Politis avait déjà relayé des témoignages de neuf femmes qui décrivaient « des propos et des gestes déplacés » de l’acteur lors du tournage de plusieurs films. En réponse à ces allégations, Gérard Darmon avait nié fermement les faits rapportés.
La sélection de Darmon pour présider le festival a été accueillie par une vive réaction du public et des organisations féministes. Ce choix a en effet suscité une « levée de boucliers », comme l’indique le quotidien La Provence, qui a révélé ce retrait. Dans un communiqué, l’association organisatrice, « La Ciotat Berceau du Cinéma », a déclaré : « Le festival prend acte de la décision de Gérard Darmon de renoncer à la présidence du jury afin de préserver la sérénité de la manifestation prévue du 10 au 14 juin. »
Cette décision a été perçue comme un acte de responsabilité de la part de l’acteur. En effet, le directeur artistique du festival, Yves Alion, a commenté que Darmon « se retire avec beaucoup de chagrin » pour ne pas nuire à l’événement. Ce dernier se sent en outre agressé par la situation, tout en reconnaissant que celle-ci a pris une tournure préoccupante.
La collective féministe de La Ciotat a également pris la parole sur les réseaux sociaux. Dans un communiqué publié sur Instagram, elle a exprimé son indignation face au choix de l’acteur : « Face aux accusations d’agressions sexuelles portées par neuf femmes, nous estimons qu’il est de la responsabilité des organisateurices et des partenaires d’un évènement culturel de mesurer l’impact symbolique et concret de cette mise à l’honneur. »
Ce retrait de Gérard Darmon s’inscrit dans un contexte plus large de prise de conscience autour des violences sexistes et sexuelles dans le milieu artistique. Actuellement, d’autres personnalités, comme Patrick Bruel, font également l’objet d’enquêtes judiciaires pour des accusations similaires. Face à ce climat, plusieurs maires, dont celui de Marseille, ont demandé à Bruel de renoncer à ses prestations dans leurs villes.
Alors que le festival se prépare à accueillir des projections et des événements autour du cinéma, la nomination de Jean-Pierre Améris, qui a accepté de présider le jury, semble être une étape vers un soutien renforcé aux victimes et une prise de conscience accrue des enjeux liés à la violence faite aux femmes dans le secteur culturel.
Ce changement de présidence s’accompagne d’un appel à la réflexion sur le rôle des festivals et des événements culturels dans la lutte contre les violences sexistes. Les organisateurs sont désormais sous pression pour s’assurer que leurs choix ne contribuent pas à la glorification de personnalités controversées.