19 millions de Français exposés à l’eau potable polluée par pesticides et PFAS

Une alerte préoccupante a été lancée par un groupe de médecins libéraux, soulignant que la pollution de l’eau potable en France, notamment par des pesticides et des PFAS, représente une menace systémique pour la santé publique. Cette déclaration a été faite le 1er juin 2026, à la suite de préoccupations croissantes concernant la qualité de l’eau consommée par les Français.

EN BREF

  • 19 millions de Français ont consommé de l’eau non conforme en 2024.
  • La pollution de l’eau provient principalement de pesticides et de PFAS.
  • Les médecins demandent des mesures réglementaires renforcées.

Dans un communiqué, la conférence nationale des Unions régionales des professionnels de santé médecins libéraux (URPS-ML) a décrit la situation comme « insuffisamment encadrée », avec des conséquences sanitaires potentiellement graves. En 2025, cette même organisation avait déjà alerté sur les dangers du cadmium, un sujet qui a suscité de vives réactions dans le débat public.

Les médecins se concentrent désormais sur la pollution de l’eau potable, un thème qui a déjà fait l’objet de critiques à l’encontre de l’État. En avril dernier, deux ONG environnementales avaient porté plainte, accusant le gouvernement de ne pas avoir pris les mesures nécessaires pour protéger les ressources en eau des pollutions agricoles.

La problématique de la qualité de l’eau est d’une ampleur alarmante. Environ 19 millions de Français auraient consommé, au moins une fois durant l’année 2024, de l’eau jugée non conforme par le ministère de la Santé, selon les données rapportées par les URPS-ML. Cette situation soulève des questions cruciales sur la sécurité des approvisionnements en eau potable.

Les médecins libéraux mettent en avant les risques associés à la présence de pesticides et de PFAS dans l’eau. Ces substances sont connues pour avoir des effets néfastes sur le système hormonal, nerveux et immunitaire. Elles sont également liées à des pathologies telles que les maladies cardiaques, certains cancers, les troubles hormonaux et neurodégénératifs, ainsi qu’à des problèmes de fertilité.

Face à cette situation préoccupante, l’URPS-ML a adressé une lettre au gouvernement, demandant une révision des réglementations en vigueur. Les médecins réclament un élargissement des substances à surveiller, une amélioration des systèmes de filtration de l’eau, ainsi qu’une réduction des PFAS et des plastiques. Ils plaident également pour un soutien accru à l’agriculture biologique, au détriment de l’agriculture intensive, qui contribue à la pollution des ressources en eau.

Évaluer les risques sanitaires liés à la pollution de l’eau reste un défi complexe. La simple présence d’un contaminant dans l’eau ne garantit pas un danger immédiat, et des débats se poursuivent sur les seuils de concentration à ne pas dépasser et la durée d’exposition.

Récemment, les députés ont voté une mesure visant à obliger les préfets à encadrer les pratiques agricoles à proximité des sources d’eau potable les plus polluées. Cependant, l’opposition de gauche considère que cette mesure est insuffisante, car elle exclut trop de captages potentiellement affectés par la pollution.

La question de l’eau potable en France mérite une attention accrue, tant pour la santé publique que pour la préservation de l’environnement. Les professionnels de santé, ainsi que les citoyens, doivent rester vigilants face à cette problématique qui touche des millions de Français.