Le ciel ukrainien est devenu le théâtre d’une intensification des attaques russes. Au mois de mai, la Russie a déployé un nombre record de drones de longue portée dans ses offensives, selon une analyse des données de l’armée de l’air ukrainienne, révélée ce lundi 1er juin par l’AFP. Cette escalade coïncide avec les appels de Kiev à ses alliés pour renforcer les défenses antiaériennes du pays.
EN BREF
- 8 150 drones de longue portée lancés par la Russie en mai, une hausse de 24 % par rapport à avril.
- 211 missiles, dont un balistique capable de transporter des têtes nucléaires, ont été utilisés.
- Kiev demande davantage de soutien militaire aux États-Unis pour ses systèmes de défense antiaérienne.
En mai, la Russie a intensifié ses frappes contre l’Ukraine, lançant au total 8 150 drones de longue portée. Ce chiffre représente une augmentation de 24 % par rapport au mois précédent, une tendance inquiétante pour la sécurité du pays. Les données indiquent également que le nombre de missiles utilisés par les forces russes a atteint des niveaux parmi les plus élevés depuis le début du conflit, avec 211 missiles tirés, dont un missile balistique de portée intermédiaire, l’Orechnik, qui peut transporter des têtes nucléaires. Ce missile a été utilisé pour la troisième fois depuis le début de l’invasion en 2022.
Cette escalade des attaques de drones a eu lieu malgré une trêve de trois jours instaurée à partir du 9 mai, qui avait suscité l’espoir d’un retour aux négociations. Cependant, les deux camps se sont mutuellement accusés d’avoir violé cette trêve. En outre, le mois de mai a été marqué par l’une des attaques les plus dévastatrices sur la capitale ukrainienne, où un missile a détruit une partie d’un immeuble résidentiel, entraînant la mort d’une vingtaine de personnes.
Face à cette menace croissante, l’Ukraine a réussi à intercepter 91 % des drones et missiles lancés par la Russie durant le mois dernier. L’Ukraine a également mené ses propres attaques significatives, développant un système de défense antiaérienne innovant pour contrer les drones ennemis. Cependant, ces systèmes restent largement dépendants des approvisionnements en munitions et en technologie provenant de ses alliés occidentaux.
Les responsables ukrainiens ont exprimé à plusieurs reprises leurs préoccupations concernant le manque de munitions pour les systèmes de défense antimissiles. Fin mai, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a sollicité de nouveau son homologue américain pour obtenir davantage de missiles destinés aux systèmes de défense antiaérienne Patriot. Cette demande survient alors que Moscou menace de continuer à intensifier ses attaques.
La situation est d’autant plus complexe avec la guerre au Moyen-Orient, qui a conduit les alliés des États-Unis à utiliser une quantité importante de munitions de défense antiaérienne pour protéger des installations dans la région du Golfe. Cette dynamique a aggravé la pénurie de munitions à laquelle l’Ukraine fait face depuis le début de l’invasion russe.
Dans ce contexte, les efforts pour relancer les négociations semblent au point mort. L’ancien président américain Donald Trump avait promis de mettre fin au conflit en quelques jours lors de son deuxième mandat, mais la réalité sur le terrain reste bien différente.