Proposition de taxe pour revitaliser cafés et bistrots selon des sénatrices écologistes

Le paysage des cafés et bistrots en France est en pleine mutation, avec une diminution alarmante du nombre d’établissements. Alors qu’il y a un siècle, la France comptait 600.000 cafés, ce chiffre est tombé à seulement 34.000 aujourd’hui. Ce déclin est perçu par les écologistes Marine Tondelier et Anne Souyris comme un véritable « risque existentiel » pour le tissu social français. Dans une tribune publiée dans la Tribune Dimanche, elles soulignent que cette situation ne doit pas être considérée comme une fatalité.

EN BREF

  • Le nombre de cafés en France a chuté de 600.000 à 34.000 en un siècle.
  • Les sénatrices Marine Tondelier et Anne Souyris proposent une nouvelle taxe pour soutenir ces établissements.
  • La solitude et le dépeuplement des centres-villes sont des enjeux majeurs à combattre.

Les sénatrices alertent sur les conséquences de cette tendance, notamment la solitude croissante des individus, que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) décrit comme une réalité épidémique. Anne Souyris, lors d’une intervention sur RMC Story, a déclaré : « La solitude tue plus que le tabac et l’alcool en France ». Cette situation est exacerbée par des facteurs tels que la baisse du pouvoir d’achat et la montée des charges pour les exploitants.

Pour contrer cette situation, les deux élues proposent de mettre en place une nouvelle taxe, tout en augmentant la Tascom, qui est la taxe sur les surfaces commerciales. Cette initiative viserait à redynamiser les centres-villes, souvent désertés au profit des grandes surfaces situées en périphérie. « Les grandes surfaces hors de la ville ont dépeuplé les centres-villes », a insisté Anne Souyris, soulignant l’impact direct de ces établissements sur la vie locale.

Elle a également souligné qu’il est crucial de réinvestir dans ces espaces publics, en soulignant le rôle des cafés et bistrots dans la création de lien social. « Ces dix dernières années, nous avons observé un dépeuplement complet. Les gens ne résident plus dans les villages, et cela engendre un phénomène de solitude », a-t-elle ajouté. Pour elle, cette situation est une véritable urgence sociale.

Les sénatrices proposent donc que les communes collectent cette taxe pour investir dans des projets d’intérêt collectif. Elles envisagent également une surtaxation des supermarchés, qui, selon elles, disposent de marges bénéficiaires considérables et portent une part de responsabilité dans le déclin des commerces de proximité.

Anne Souyris a affirmé que cette taxe ne constituerait pas un fardeau pour les petites municipalités. « Cela ne ruinera pas les petites municipalités. Si nous donnons un petit coup de pouce, nous pouvons soutenir les cafés gérés par la population locale, ce qui serait vertueux », a-t-elle précisé.

Ce débat soulève également des questions plus larges sur le rôle des grandes surfaces dans la vie économique et sociale des villes. La sénatrice a lancé un défi au patron des hypermarchés Leclerc, Michel-Edouard Leclerc, en l’invitant à soutenir cette initiative. « Payer des impôts n’est pas une sanction, c’est une participation », a-t-elle déclaré, insistant sur la nécessité d’une responsabilité collective.

Pour mener à bien cette réforme, Marine Tondelier et Anne Souyris plaident pour une loi transpartisane. Elles se demandent comment le Parlement pourrait ne pas s’entendre sur la nécessité de défendre ces « troquets » qui font partie intégrante de l’identité et des liens sociaux en France. « Nous avons tant besoin de ces lieux », concluent-elles dans leur tribune.

La proposition de ces sénatrices pourrait ainsi initier un changement significatif dans la manière dont la société française aborde la question des espaces de convivialité et de lien social, des éléments essentiels à la cohésion de notre communauté.