Ce mercredi 3 juin, Aryna Sabalenka s’apprête à disputer un quart de finale très attendu de Roland-Garros contre Diana Shnaider. Si la numéro un mondiale semble sereine sur le court Philippe-Chatrier, elle porte en elle une douleur profonde liée à la perte de son père, Sergey Sabalenka, survenue en novembre 2019. Ce décès brutal à l’âge de 43 ans a marqué un tournant dans sa vie, mais aussi dans sa carrière sportive.
EN BREF
- Sergey Sabalenka est décédé en 2019, un événement marquant pour sa fille Aryna.
- Aryna a transformé sa douleur en motivation pour réussir dans le tennis.
- Chaque victoire est une manière de faire vivre la mémoire de son père.
Opposée à la Russe Diana Shnaider, Aryna Sabalenka vise une septième demi-finale consécutive en Grand Chelem, une performance qui témoigne de sa domination sur le circuit féminin. Cependant, derrière cette réussite sportive se cache une histoire personnelle complexe. La perte de son père à l’âge de 21 ans a laissé une empreinte indélébile sur la joueuse, qui lui attribue une grande part de son succès. « C’était totalement inattendu. J’étais très proche de lui, il savait toujours quoi me dire quand j’étais en difficulté sur le court », a-t-elle confié lors d’un podcast.
Sergey Sabalenka, ancien joueur de hockey sur glace, a toujours soutenu sa fille dans sa quête de succès. Avant de devenir une icône du tennis, Aryna avait promis à son père de remporter deux titres du Grand Chelem avant ses 25 ans. Bien qu’elle ait atteint cet objectif avec un léger retard, ayant remporté l’Open d’Australie en 2023 et en 2024, cette promesse reste un symbole fort de leur lien.
Dans une démarche de résilience, Aryna a choisi de transformer son chagrin en force. « Plutôt que de sombrer dans la dépression, j’ai décidé qu’il resterait avec moi, dans mon cœur, dans ma mémoire », a-t-elle expliqué. Le tennis est devenu son refuge, un espace où elle peut temporairement échapper à la douleur. « C’était le seul moment où je ne pensais pas à sa disparition. Dès que j’arrêtais, les souvenirs revenaient et je pleurais encore plus fort », a-t-elle ajouté.
Chaque victoire sur le court a désormais une signification particulière pour Aryna. Elle ressent la présence de son père à chaque trophée remporté, en se persuadant qu’il la protège et la soutient. « Je prends cela comme une motivation pour inscrire notre nom dans l’histoire », a-t-elle déclaré avec émotion.
Aryna n’oublie pas non plus le soutien inconditionnel de sa mère, Yulia, et de sa petite sœur, Tonechka. Dans une interview, elle a partagé que sa famille reste sa principale source de motivation, même dans les moments les plus difficiles. « Il y a eu des moments où j’avais envie d’abandonner, mais je me disais simplement : “Je ne peux pas abandonner”. Je veux qu’ils soient fiers de moi », a-t-elle affirmé.
Le souvenir de son père est également associé à des moments joyeux. Aryna décrit Sergey comme un homme apprécié de tous, dont la personnalité rayonnante a marqué son entourage. « Il était tellement drôle. Tellement heureux. Tout le monde l’adorait », se remémore-t-elle. Cette image positive contraste avec la période difficile qu’elle a traversée après sa disparition, marquée par des difficultés à servir correctement. Grâce à l’aide d’un psychologue et d’un spécialiste, elle a progressivement retrouvé confiance et stabilité.
Alors qu’elle se prépare à affronter Diana Shnaider, Aryna Sabalenka sait que chaque match et chaque victoire portent en elles une dimension émotionnelle forte. C’est un hommage à son père, un moyen de faire vivre son héritage et de continuer à incarner les valeurs qu’il lui a transmises : se battre, persévérer et croire en soi.