René Mey, maître spirituel en fuite, jugé pour escroquerie en bande organisée

Depuis le Mexique, René Mey, un homme présenté comme un promoteur de paix intérieure, fait l’objet d’une enquête judiciaire en France. À 66 ans, ce soi-disant voyant, dont le nom complet est René M., est soupçonné d’avoir orchestré un vaste système d’escroquerie en bande organisée. Ce mardi 2 juin 2026, il doit comparaître devant le tribunal correctionnel de Marseille pour des accusations d’escroquerie, d’abus de confiance et de faux.

EN BREF

  • René Mey, maître spirituel, jugé pour escroquerie en bande organisée.
  • Il possède 500 biens immobiliers et est soupçonné d’emprunts frauduleux.
  • Son mode opératoire repose sur un réseau complexe de sociétés civiles immobilières.

L’affaire a été révélée par le quotidien régional La Dépêche du Midi et met en lumière un montage immobilier complexe. René Mey et sa compagne, également poursuivie, auraient multiplié les emprunts auprès de plusieurs banques pour financer un parc immobilier estimé entre 400 et 600 logements, répartis sur 27 sociétés civiles immobilières (SCI) et d’un montant total de crédits avoisinant les 23 millions d’euros. L’enquête, initiée après une plainte d’une banque en 2009, évoque des prêts attribués grâce à de fausses factures, les fonds ayant été détournés vers d’autres acquisitions.

Né en 1959 à Grillon, dans le Vaucluse, René Mey a d’abord constitué un important patrimoine immobilier à Marseille, avec des biens évalués à plusieurs dizaines de millions d’euros. Une enquête menée par l’hebdomadaire L’Express au début des années 2000 faisait déjà état d’environ 600 appartements, ainsi que de châteaux détenus par le biais de diverses SCI. Sa notoriété a été ternie par une condamnation pour violences contre un huissier, sur fond de contentieux liés à ses affaires immobilières.

Les biens concernés par la procédure judiciaire sont principalement localisés dans le Sud-Est de la France, englobant des départements tels que la Drôme, le Gard, l’Ardèche et le Var. L’instruction révèle un système d’emprunts complexe, où chaque SCI est lourdement endettée, tandis que le couple gère habilement les flux financiers entre ces différentes entités. Les juges s’intéressent également aux revenus de ses activités spirituelles, qualifiées d’ »occultes », et soupçonnent une évasion fiscale substantielle. La compagne de René Mey, ancienne avocate, joue un rôle clé dans cette affaire.

Actuellement en fuite au Mexique, où il s’est installé à la fin des années 2000, René Mey a tenté de réorienter son image en se positionnant comme un guérisseur et un maître spirituel. Son site internet le présente comme un humaniste, développant une « médecine émotionnelle », avec une fondation active à Mexico et un large réseau de bénévoles. Il revendique même un statut consultatif spécial auprès du Conseil économique et social de l’ONU.

Les vidéos qu’il publie sur YouTube, consacrées à la méditation et à des messages d’amour, attirent un large public. Toutefois, des associations de vigilance, telles que l’Union nationale des associations de défense des familles et de l’individu, mettent en garde contre les dérives potentielles de ses enseignements, en particulier pour les personnes vulnérables.

Le procès de René Mey soulève de nombreuses interrogations sur la frontière entre spiritualité et manipulation financière, et pourrait établir un précédent dans la lutte contre les escroqueries perpétrées sous couvert de développement personnel.