Le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, a été interdit d’accès au territoire français. Cette annonce a été faite par le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, le 9 juin. Cette mesure s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes liées aux politiques de l’extrême droite israélienne, notamment en ce qui concerne la Cisjordanie et Gaza.
EN BREF
- Bezalel Smotrich interdit d’entrée en France pour ses positions sur la Cisjordanie.
- Itamar Ben Gvir, ministre de la Sécurité nationale, avait déjà subi une interdiction similaire.
- Des sanctions coordonnées sont prises avec plusieurs pays contre les responsables de la colonisation.
Bezalel Smotrich est connu pour ses déclarations controversées, notamment en faveur de l’annexion de la Cisjordanie et de la recolonisation de Gaza. Jean-Noël Barrot a précisé que les actions de Smotrich ne sont pas acceptables pour la majorité de la communauté internationale, qui soutient la solution à deux États. Sur le réseau social X, le ministre français a détaillé les conséquences des politiques de Smotrich, qui incluent la création de nouvelles colonies et l’effondrement économique de l’Autorité palestinienne.
Cette interdiction d’entrée est la seconde à toucher un membre du gouvernement israélien, après celle d’Itamar Ben Gvir, intervenue le 23 mai. Ben Gvir avait également été visé en raison de ses prises de position et d’une vidéo controversée diffusée par des militants de la « flottille pour Gaza ». Dans cette vidéo, des militants apparaissent agenouillés, les mains liées, ce qui a suscité une réaction forte de la part des autorités françaises.
Jean-Noël Barrot a également annoncé des sanctions supplémentaires contre les responsables de l’intensification de la colonisation en Cisjordanie. Ces sanctions sont prises en coordination avec d’autres pays, notamment le Royaume-Uni, le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et la Norvège. Bien que les détails de ces sanctions n’aient pas été précisés, il est clair que la France et ses alliés cherchent à répondre aux actions jugées provocatrices des dirigeants israéliens.
Les tensions en Cisjordanie se sont intensifiées ces derniers mois, exacerbées par la guerre en cours à Gaza, qui a débuté le 7 octobre 2023. Selon des rapports provenant de l’Autorité palestinienne, plus de 1 080 Palestiniens, incluant des civils, ont perdu la vie à la suite d’opérations militaires israéliennes et d’attaques menées par des colons. En parallèle, les autorités israéliennes rapportent la mort d’au moins 46 Israéliens, dont des civils et des soldats, dans des attaques palestiniennes.
Israël occupe la Cisjordanie depuis 1967, et le conflit israélo-palestinien ne montre aucun signe d’apaisement. Les interdictions d’entrée pour des responsables comme Smotrich et Ben Gvir soulignent la fracture croissante entre Israël et certains pays occidentaux, qui expriment leur désaccord avec les politiques menées par le gouvernement israélien actuel.