Démarchage téléphonique : l’IA amplifie les signalements avant l’interdiction totale

Le démarchage téléphonique ne cesse de croître en France, suscitant une inquiétude croissante parmi les consommateurs. En effet, la Répression des fraudes a enregistré une augmentation spectaculaire des signalements, qui sont passés de 28 000 en 2023 à 114 000 en 2025. Cette hausse alarmante intervient alors même que des mesures législatives visent à encadrer cette pratique, avec une interdiction totale prévue à partir du 11 août prochain.

EN BREF

  • Les signalements pour démarchage téléphonique ont quadruplé en deux ans.
  • Une interdiction totale sera mise en place à partir du 11 août 2024.
  • Les nouvelles technologies, dont l’intelligence artificielle, compliquent la situation.

Depuis juillet dernier, la loi interdit le démarchage téléphonique dans plusieurs secteurs, notamment ceux de la rénovation énergétique et de l’adaptation des logements pour les personnes handicapées ou âgées. Cependant, cette réglementation n’a pas suffi à endiguer la vague d’appels non sollicités. Jean-Nicolas Robin, avocat associé au cabinet Avoxa, a été invité sur RMC Story le 12 juin pour expliquer les implications de ces nouvelles mesures.

Il a précisé que, selon le nouveau cadre légal, les consommateurs devront désormais inscrire leur numéro sur une liste pour autoriser le démarchage. « Cela signifie que, par principe, le démarchage sera impossible », a-t-il souligné. Cette approche inverse du système actuel vise à protéger les utilisateurs, bien que Robin ait averti que cela ne signifiera pas la fin du démarchage téléphonique.

Les chiffres fournis par la Répression des fraudes révèlent des amendes totales de plus de 11 millions d’euros infligées aux opérateurs en 2025, illustrant la gravité de la situation. En plus de l’interdiction dans certains secteurs, le démarchage téléphonique reste très réglementé : il ne peut être effectué que du lundi au vendredi, entre 10 heures et 13 heures, et entre 14 heures et 20 heures.

Une autre dimension inquiétante de cette problématique est l’utilisation croissante de l’intelligence artificielle dans les pratiques de démarchage. De plus en plus souvent, les interlocuteurs au bout du fil ne sont pas des humains, mais des systèmes automatisés. Nicolas, un consommateur interviewé, a partagé son expérience : « Quand je décroche, je ne comprends pas toujours qui est au bout du fil. J’en viens à raccrocher, car ils ne laissent pas de place pour dire que je ne suis pas intéressé. Parfois, je me demande si c’est un robot. »

Sarah Lacoche, directrice générale de la DGCCRF, a confirmé que ces nouvelles technologies compliquent davantage le paysage du démarchage téléphonique. Même avec l’instauration de la loi, la difficulté à maîtriser ce phénomène reste préoccupante.

Les consommateurs se retrouvent donc pris dans un contexte où les appels non sollicités, parfois générés par des intelligences artificielles, deviennent la norme. Alors que la législation se durcit, il est clair que la route vers une protection efficace des consommateurs est encore semée d’embûches.

Les attentes sont désormais élevées concernant l’application des nouvelles règles, et les consommateurs espèrent qu’elles apporteront réellement une solution à ce fléau. Dans un monde de plus en plus numérisé, il est essentiel de trouver un équilibre entre innovation technologique et protection des droits des individus.