Les neuroleptiques, également connus sous le nom d’antipsychotiques, jouent un rôle crucial dans le traitement de divers troubles psychiatriques. Cependant, un effet secondaire souvent négligé mérite notre attention : la constipation. L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) met en garde, soulignant que ce trouble digestif peut entraîner des complications sérieuses, voire mortelles, si aucune prise en charge rapide n’est effectuée.
EN BREF
- La constipation est un effet secondaire fréquent des neuroleptiques.
- Des complications graves peuvent survenir sans prise en charge rapide.
- Les patients de plus de 60 ans sont particulièrement à risque.
Les neuroleptiques sont souvent prescrits pour traiter des maladies telles que la schizophrénie, les troubles bipolaires ou des formes sévères de dépression. Ils peuvent également être utilisés dans le cadre de certaines pathologies neurologiques ou lors d’états d’agitation significatifs.
Les professionnels de santé connaissent bien l’impact de ces médicaments sur le fonctionnement intestinal. En effet, les propriétés anticholinergiques des neuroleptiques ralentissent les contractions naturelles du tube digestif, entraînant ainsi une diminution de la fréquence des selles. Ce phénomène peut aboutir à une constipation qui, si elle n’est pas traitée, peut se détériorer en une situation médicale d’urgence.
Dans un communiqué diffusé le 11 juin 2026, l’ANSM a rappelé que des cas sévères de constipation liée aux neuroleptiques continuent d’être rapportés, malgré les avertissements déjà présents dans les notices des médicaments. L’agence souligne que cette condition peut conduire à des complications digestives graves et, dans des cas extrêmes, à des décès.
« Des cas graves continuent de nous être signalés », a déclaré un représentant de l’ANSM.
Face à cette réalité inquiétante, les autorités sanitaires exhortent l’ensemble des acteurs concernés – médecins, pharmaciens, patients et proches – à faire preuve de vigilance face aux premiers signes d’alerte. Cela pourrait permettre d’éviter une aggravation des symptômes.
Imaginons une personne sous traitement antipsychotique depuis plusieurs semaines. Au départ, elle ressent simplement une diminution de la régularité de son transit intestinal. Puis, des douleurs abdominales, un ventre ballonné, ou une absence prolongée de selles peuvent apparaître. Même si ces symptômes peuvent sembler anodins, ils nécessitent une consultation médicale rapide.
Signes d’alerte à surveiller
Les professionnels de santé sont invités à prêter attention à certains symptômes :
- Douloureux abdominales persistantes
- Absence prolongée de selles
- Ventre gonflé
- Vomissements ou diarrhée inexpliquée
Dans certains cas, une intervention urgente peut s’avérer nécessaire pour éviter des complications intestinales graves. Le risque de constipation ne concerne pas uniquement les patients souffrant de troubles psychiatriques sévères. Selon l’ANSM, les personnes âgées de 60 ans et plus sont particulièrement vulnérables aux effets des traitements anticholinergiques.
Le danger s’accroît également lorsque plusieurs médicaments favorisant la constipation sont prescrits en même temps. Certains antidépresseurs, traitements pour la maladie de Parkinson ou antispasmodiques peuvent renforcer cet effet secondaire.
Les professionnels de santé doivent donc systématiquement évaluer l’ensemble des traitements de leurs patients avant d’initier une prescription. Cela permettra de mieux anticiper et gérer les risques associés.
Prévenir la constipation sous neuroleptiques
Il est possible de réduire le risque de constipation par des mesures simples. Toutefois, il est essentiel de rappeler que toute décision d’interrompre ou de modifier un traitement neuroleptique doit être prise en consultation avec un professionnel de santé. Même en présence de troubles digestifs, l’avis médical est indispensable.
La priorité est d’identifier rapidement les premiers signes de constipation afin d’éviter que cet effet secondaire courant ne se transforme en une véritable urgence médicale. Ainsi, il est crucial de rester attentif et de consulter dès que des symptômes préoccupants se manifestent.
En somme, alors que les neuroleptiques demeurent des outils précieux dans le traitement de diverses affections psychiatriques, il ne faut pas négliger leur impact potentiel sur la santé digestive. Une vigilance accrue de tous les acteurs de la santé peut contribuer à prévenir des complications graves.